18 janvier 2018

Europe Matin
NDDL : “L’État capitule devant des hordes de voyous”, dénonce Christian Jacob

Fervent défenseur du projet de construction d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, Christian Jacob, président du groupe LR à l’Assemblée nationale, s’est insurgé contre ce qu’il considère comme un renoncement de l’Etat.

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INTERVIEW

À droite, la décision prise par l’exécutif d’abandonner définitivement le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes est loin de faire consensus. Alors qu’Alain Juppé a salué mardi soir une décision courageuse, affirmant que “Gouverner, c’est choisir”, Christian Jacob, le président du groupe LR à l’Assemblée nationale, s’est inscrit en faux. “Gouverner, c’est capituler”, a-t-il rétorqué dans la Matinale d’Europe 1, jeudi.

“Les décombres de l’autorité de l’Etat”. “C’est capituler devant les voyous, devant les casseurs, devant le droit. 178 recours, un référendum, les collectivités consultées… et l’Etat capitule devant des hordes de voyous qui ont brûlé des voitures de gendarmerie, caillassé des forces de l’ordre, et qui sont en train d’exulter, de chanter et de danser sur les décombres de l’autorité de l’Etat”, dénonce-t-il, furieux. 

La droite aurait fait mieux, selon Jacob. Pour Christian Jacob, la droite, quand elle était au pouvoir, ne pouvait lancer la construction de l’aéroport. “La validation par le Conseil d’Etat de la déclaration d’utilité publique date d’octobre 2013. La décision ne pouvait être prise qu’à partir de 2013. Aujourd’hui, tous les recours sont purgés, et on capitule devant des hordes de voyous”, martèle-t-il. Les zadistes se sont installés en 2010, sous la présidence de Nicolas Sarkozy. Mais le chef de file LR à l’Assemblée nationale rejette tout procès en responsabilité de sa famille politique dans la dégradation de la situation à Notre-Dame-des-Landes.

Un mauvais signal pour d’autres projets. Aujourd’hui, il assure que si la droite avait été aux manettes, elle aurait “pris le risque de faire respecter le droit”, quitte à ce que l’évacuation tourne à l’affrontement. “À chaque fois, il faut se coucher ? Quand les hordes de voyous vont caillasser les forces de l’ordre, il faut se coucher, il faut se taire. Attention, il y a un risque qu’il y ait des blessés ! Mais ça veut dire quoi ? Que maintenant, sur tous les projets structurants, les hordes de voyous vont pouvoir arriver et caillasser du flic. Il n’y a pas de problème, à l’arrivée ils auront raison !”, s’indigne-t-il.

“Un peu de dignité”. Mercredi soir, Edouard Philippe a fait valoir que l’exécutif aurait pu repousser la décision, ad vitam eternam, mais qu’il a choisi de le prendre à bras-le-corps, de régler la question une bonne fois pour toutes. Une posture hypocrite, selon Christian Jacob, qui s’agace : “Essayer de faire passer pour un acte de courage le fait de capituler devant les hordes de voyous… Un peu de dignité Monsieur le Premier ministre !”