18 mars 2019

7h45 - L'interview de Nikos Aliagas
Nicolle Beltrame, la mère du héros des attentats de Trèbes, publie un livre : “Mon cœur s’ouvre pour qu’Arnaud puisse continuer à vivre”

Au micro de Nikos Aliagas, Nicolle Beltrame, la mère du héros des attentats de Trèbes, revient dans son livre “C’était mon fils”, sur le parcours d’Arnaud Beltrame. 

INTERVIEW

L’histoire “d’une mère qui met au monde un enfant et qui explique comment il devient un héros”. Voilà comment Nicolle Beltrame décrit son livre “C’était mon fils”, qui retrace le parcours d’Arnaud Beltrame, décédé il y a presque un an, le 23 mars 2018, dans l’attentat du Super U de Trèbes, en prenant la place d’une otage. 

“Comment et pourquoi il en est arrivé là”. Au micro de Nikos Aliagas, elle revient sur ce qui l’a poussé à écrire cet ouvrage. “Mon cœur s’ouvre pour qu’Arnaud puisse continuer à vivre et que l’on puisse témoigner et ne pas oublier ce geste extraordinaire qu’il a fait pour sauver des gens. Ce livre est l’ouverture de la compréhension de qui était Arnaud, comment et pourquoi il en est arrivé là”, explique la mère du héros national. “Je dis beaucoup que cela ne pouvait pas être autrement : il a travaillé tout au long de son parcours pour être le combattant qu’il était. […] Il est né pour la patrie, c’était son Graal. C’est pour cela que je n’ai jamais été étonnée qu’il soit dans cette situation”, confie Nicolle Beltrame. 

Pas un sacrifice. Pour autant, elle affirme que son fils ne s’est pas sacrifié. “Il avait fait une simulation peu avant l’attentant, quelque part il a refait la scène”, pense-t-elle. “Mais à aucun moment il n’allait se sacrifier, il était prévu qu’il se marie le 9 juin 2018, il était d’ailleurs déjà marier civilement, il voulait avoir des enfants. A aucun moment je n’accepte que l’on parle de sacrifice”.

Ne pas donner le nom du terroriste, ni montrer son visage. Presque un an après les faits, Nicolle Beltrame refuse que l’on montre le visage du terroriste responsable de la mort de son fils, ni même que les journalistes citent son nom. D’ailleurs il ne figure tout simplement pas dans son livre. “Ça ne sert à rien, il faut montrer des choses positives”, affirme-t-elle au micro d’Europe 1. “S’il n’existe pas dans mon livre, c’est que ce serait lui donné trop d’importance. Il n’existe pas, ce n’est pas de la haine, c’est de l’indifférence”.