13 novembre 2017

En balade avec
Patrick Fiori : “Marseillais on est, marseillais on reste”

Le temps d’une matinée, le chanteur a fait découvrir à Nikos Aliagas les grands lieux qui ont marqué son enfance dans la cité phocéenne.

> Ecouter l’émission

INTERVIEW

Né à Marseille de parents corses arméniens, Patrick Fiori a emmené Nikos Aliagas en balade dans la cité phocéenne pour lui faire découvrir les lieux qui ont marqué son enfance et son adolescence. Et c’est sur les hauteurs de la ville, à Notre-Dame-de-la-Garde, appelée la Bonne mère, qu’a débuté cette promenade au micro d’Europe 1.

“Le succès… J’avais peur que ça s’en aille”. Le chanteur révélé en 1998 grâce à la comédie musicale Notre-Dame-de-Paris confie être venu à la Basilique pour deux raisons : “La première, c’est que je suis croyant. La deuxième, c’est que quand j’ai commencé un peu à rencontrer le succès, ça me faisait peur, j’avais peur que ça s’en aille. Je venais faire quelques petites prières et acheter quelques dizaines de chapelets.” Des prières peut-être entendues puisque Patrick Fiori a sorti il y a quelques semaines son dixième album, intitulé Promesse.

“On vient ici pour jouer aux boules”. Après ce symbole religieux de la cité, le chanteur a choisi un coin plus pittoresque, le vallon des Auffes. “C’est un petit port, en plein cœur de Marseille que peu de gens connaissent.” On y trouve à côté un petit enclos avec petites lampes : “l’association des pieds tanqués du vallon des Auffres”, décrit Patrick Fiori. “Pieds tanqués, ça veut dire boulistes, ça veut dire jeux de boules. Il y a des champions du monde ici”, dit-il.

Près d’une cabane, on aperçoit une étrange sculpture : des fesses en céramique sur un mur. L’ambiance est tout à coup moins sérieuse. C’est “le cul de Fanny”, précise Patrick Fiori. “Avant de jouer, tu caresses, parce qu’en principe c’est la gagne, c’est la chance.” C’est aussi sur ce petit port que le chanteur venait avec son frère et une guitare apprendre des chansons de Cabrel pour les chanter aux filles. En souvenir, il y a aussi tourné sa chanson hommage à la ville. “Marseillais on est, marseillais on reste”, affirme-t-il.

“Mon ‘arménité’, c’est quelque chose de naturel”. La suite de la promenade se passe dans un restaurant arménien en bord de mer, la Rocha. Patrick Fiori plonge dans ses racines familiales, donne le nom de son père : Jacques Chouchayan. C’est aussi le véritable patronyme du chanteur. Ces racines arméniennes sont revendiquées. “J’en ai tellement entendu parler avec beaucoup de bienveillance et une certaine admiration de la part de mon papa… Mon ‘arménité’ pour moi, c’est quelque chose de naturel.”

“L’époque où toutes les portes étaient ouvertes”. À Marseille, Patrick Fiori garde un souvenir vif de la cité d’Air Bel. “On a déménagé pas mal de fois dans Marseille mais cette cité-là était importante. On était sept, cinq enfants et les parents dans un appartement autour de 70 nationalités. Je me revois encore une fois avec la guitare de mon frère en train de chanter des chansons aux gens qui avaient la porte ouverte quelle que soit la nationalité.”

C’était une “chance aussi d’aller pouvoir taper dans les gamelles, d’aller tremper le bout de pain et de goûter les saveurs du monde. Un soir, on mangeait arménien, le lendemain asiatique, on mangeait du boudin créole, du couscous… Les gens nous invitaient chez eux pour une petite chanson et on les invitait aussi, même à dormir. C’était l’époque où toutes les portes, et des voitures et des appartements, étaient ouvertes”, comme il le chante avec Soprano dans la chanson, Chez nous, une chanson écrite par Jean-Jacques Goldman dans son nouvel album.