02 novembre 2017

12h30 - Europe Midi
Pénurie de médecins scolaires : “Un scandale sanitaire” pour la profession

Face au très faible nombre de médecins scolaires disponibles en France, la profession s’alarme des risques pour les élèves.

INTERVIEW

La France compte seulement 1.000 médecins scolaires pour quelque 12 millions d’élèves. Un rapport de l’Académie de médecine publié le 24 octobre dénonce une véritable pénurie qui pourrait avoir des conséquences sur le dépistage des enfants. “Il y a 50% des postes vacants. Il y a des départements ruraux qui n’ont plus de médecins de l’Education nationale”, explique Jocelyne Grousset, médecin scolaire dans l’académie de Créteil et secrétaire générale adjointe du SNMSU-UNSA éducation, invitée jeudi d’Europe Midi. “Il n’y a pas de fatalité, ce n’est pas une problématique de démographie médicale, il s’agit de l’attractivité d’un métier complètement abandonné et qui n’a pas connu les revalorisations qu’ont connues les autres professions médicales”, souligne-t-elle.

Un “scandale sanitaire”. “Le rôle d’un médecin scolaire c’est de réaliser un certain nombres de visites de dépistage et de répondre à certains besoins spécifiques comme l’accueil des enfants malades, le handicap, les élèves qui s’orientent vers des filières avec des travaux réglementés, et puis tout le champs de la promotion de la santé”, détaille ce médecin. “Il y a le bilan de 6 ans qui se réalise en grande section de maternelle, qui est prévu de façon systématique et obligatoire. C’est un bilan qui est important parce que c’est l’occasion de dépister des troubles sensorielles, des problématiques du langage ou de l’apprentissage”, souligne encore Jocelyne Grousset qui dénonce un véritable “scandale sanitaire”. En effet, selon elle, “moins de 50% des élèves peuvent en bénéficier, sur certains territoire c’est 0%”.

“On fabrique de la difficulté scolaire”. “Il est inadmissible au 21e siècle que les enfants ne puissent pas avoir un dépistage sensoriel dont les tests sont très simples, et la correction facilement accessible”, s’indigne Jocelyne Grousset. “On fabrique de la difficulté scolaire en ne dépistant pas et en ne traitant pas ces enfants”. Pour remédier à cette situation, cette syndicaliste réclame notamment une revalorisation de sa profession mais aussi davantage de coordination au sein des personnels scolaires: “Il faut créer de véritables équipes de santé entre les médecins, les infirmières, les assistantes sociales et les enseignants ayant reçu une formation en santé des élèves”.