25 Août 2017

8h15 - L'invité d'Antoine Genton
Pierre Moscovici : “Tous les pays de l’UE qui ont réformé le marché du travail ont vu leur chômage baisser”

Pour le commissaire européen aux Affaires économiques et à la fiscalité Pierre Moscovici, le gouvernement ne pourra obtenir un consensus sur la réforme du Code du travail qu’en dialoguant.

INTERVIEW

Les consultations du ministère du Travail avec les partenaires sociaux sur la réforme du Code du travail s’achèvent vendredi. Pour Pierre Moscovici, invité de la matinale d’Europe 1, cette réforme “est une nécessité dans tous les pays de l’Union européenne”, et elle doit être menée à bien en France, dans le respect du dialogue social.

Plus de “flexi-sécurité”… “Tous les pays qui ont réformé leur marché du travail voient le chômage baisser”, plaide le commissaire européen aux Affaires économiques et à la fiscalité, estimant toutefois que dans le même temps, “la qualité du travail” n’augmentait pas toujours. “C’est le risque des réformes qui ne sont pas équilibrées. La bonne définition, c’est la flexi-sécurité”, affirme Pierre Moscovici. En clair, faciliter l’entrée des travailleurs sur le marché du travail, ainsi que leur licenciement, tout en leur assurant aux salariés licenciés des indemnités plus longues et plus importantes.

… Tout en maintenant le dialogue social. Pour l’ancien ministre, la réussite de la réforme du Code du travail dépendra donc “du bon équilibre entre la flexibilité, la sécurité pour les travailleurs et la qualité du dialogue social”. C’est de cette combinaison économique et sociale que découlera, selon Pierre Moscovici, “la capacité du gouvernement à créer un consensus, au moins relatif, en tout cas majoritaire, autour de cette réforme qui est très attendue”.

Indiquer un cap aux Français. La veille, à Bucarest, Emmanuel Macron a déclaré que “la France n’est pas un pays réformable” et que “les Français détestent les réformes”. Pour Pierre Moscovici, l’accusation est extrapolée. “Je ne suis pas certain que les Français détestent les réformes, mais ils détestent les réformes qu’on ne leur explique pas. Ce n’est pas de l’immobilisme ni du conservatisme. Ils ont besoin qu’on leur indique un sens”, avance-t-il. “Il y a une pédagogie de la réforme à faire. Ce pays a besoin de changer, beaucoup, pour être une économie plus compétitive, et pour faire reculer les inégalités. Oui, il faut réformer la France, mais il faut écrire un récit. Si transformation il y a, il faut dire laquelle.”