22 février 2018

Europe 1 Matin
Piétonnisation des voies sur berges annulée : “Pas un désaveu pour Anne Hidalgo”

Le premier adjoint à la mairie de Paris, Bruno Julliard, soutient que l’annulation de la piétonnisation des voies sur berges reste une priorité pour protéger la qualité de l’air.

INTERVIEW

Les voitures pourront-elles à nouveau rouler sur les voies sur berges, rive droite, au centre de Paris ? Mercredi, le tribunal administratif a annulé la fermeture à la circulation des voies sur berges rive droite au centre de la capitale, voulue par Anne Hidalgo pour lutter contre la pollution de l’air. Dans la foulée, la maire PS a annoncé son intention de faire appel.

Un nouvel arrêté “dans les prochains jours”. Pour l’heure, cet appel est non-suspensif. “Mais nous demandons à la cour d’appel de suspendre son application. Nous demandons un sursis d’exécution“, a précise Bruno Julliard, premier adjoint à la mairie de Paris, interrogé par Patrick Cohen sur Europe 1, jeudi matin. “En tout état de cause, Anne Hidalgo prendra un nouvel arrêté pour maintenir la piétonnisation des berges de Seine, après échange avec le préfet de police”, et ce “dans les prochains jours”, a-t-il ajouté.

Un “désaveu” pour beaucoup. Pour Anne Hidalgo, pour qui la piétonnisation des voies sur berges était l’une des mesures phares, la décision du tribunal administratif de Paris est un gros coup dur. Pour Bruno Julliard, la déception va au-delà des frontières de la majorité parisienne. “Je ne considère pas qu’il s’agisse d’un désaveu pour Anne Hidalgo, mais qu’il s’agit d’un désaveu pour tous ceux qui s’engagent avec courage pour appliquer l’accord de Paris. Je rappelle que la France a eu droit récemment à des remontrances de l’Union européenne parce que nous n’allions pas assez loin, pas assez vite”, soutient-il.

Une décision “obsolète”. Pour motiver sa décision, le tribunal indique que l’étude d’impact sur laquelle était basé le projet “comportait des inexactitudes, des omissions et des insuffisances concernant les effets du projet sur la circulation automobile, les émissions de polluants atmosphériques et les nuisances sonores, éléments majeurs d’appréciation de l’intérêt général du projet”. Mais pour Bruno Julliard, cette étude d’impact, soit-disant “mal-ficelée et incomplète”, ne pèse pas lourd par rapport à “l’exercice du réel”. “La piétonnisation est une réalité depuis maintenant un an et demi. Et tout ce que nous avions prévu se révèle être une réalité. La décision du tribunal administratif est aujourd’hui obsolète”, avance le premier adjoint.