29 novembre 2017

08h15 - L'interview de Patrick Cohen
Pour Nicolas Dupont-Aignan, Emmanuel Macron a été “à la limite du racisme” avec le président burkinabé

Le président de Debout la France a fustigé dans la matinale d’Europe 1 l’attitude d’Emmanuel Macron pendant sa visite au Burkina Faso.

INTERVIEW

En visite à Ouagadougou, Emmanuel Macron a tenté de rompre mardi avec le discours traditionnel de la “Françafrique”. Il a notamment appelé un parterre d’étudiants à prendre en main leur destin, et à rompre avec “une approche bêtement post-coloniale ou post-impérialiste”. Mais pour Nicolas Dupont-Aignan, l’un de ses adversaires à la présidentielle, le comportement du chef de l’Etat était “à la limité du racisme” à l’égard des Burkinabé et en particulier de leur président, Roch Marc Christian Kaboré.

L'”arrogance” du président français.Invité de la matinale d’Europe 1, Nicolas Dupont-Aignan a commencé par saluer l’initiative d’une tournée africaine. “Il y a des paroles du président qui m’ont paru sage et que j’aurai partagé”, reconnaît-il avant de fustiger néanmoins l’attitude d’Emmanuel Macron en marge de son allocution à l’université de Ouagadougou. “Si un homme de droite ou Donald Trump s’était comporté comme Emmanuel Macron au Burkina Faso, toute la presse en parlerait ce matin. Il a été d’une arrogance, d’une violence à l’égard des autorités du Burkina Faso à la limite du racisme”, estime au micro de Patrick Cohen le fondateur de Debout la France.

“Reste là”. Pour rappel, Emmanuel Macron a été interrogé mardi par une étudiante sur l’approvisionnement en électricité de l’université de Ouagadougou, et le fonctionnement de la climatisation, alors qu’une nouvelle centrale électrique doit être inaugurée. “Vous m’avez interrogé comme si j’étais le Président du Burkina Faso ! Interrogez-vous sur le sous-jacent psychologique qu’il y a derrière votre interpellation et l’enthousiasme que ça a créé. Quelque part, vous me parlez comme si j’étais toujours une puissance coloniale mais moi je ne veux pas m’occuper de l’électricité dans les universités au Burkina Faso. C’est le travail du président”, a réagi le chef de l’Etat, sous les applaudissements, alors qu’au même moment, le président burkinabé s’éclipse. Et Emmanuel Macron de l’interpeller, sur le ton de la plaisanterie et en le tutoyant : “Du coup, il s’en va. Reste là ! Du coup, il est parti réparer la climatisation”.

“Faire de la démagogie contre le président du Burkiano Faso et lui demander avec un ton méprisant d’aller réparer la clim’, si un homme de droite ou Donald Trump avait fait ça, qu’est-ce que l’on aurait entendu !”, déplore Nicolas Dupont Aignan. “C’est dommage, c’est un grand gâchis. L’idée de départ de cette tournée été bonne, mais de grâce, que l’on soit sur le fond”.