03 janvier 2018

Europe Matin
Pour Jean-Guy Talamoni, le nouveau statut de la Corse “est très insuffisant”

Le président de la nouvelle assemblée corse réclame notamment un statut d’officialisation pour la langue corse et une loi d’amnistie pour les prisonniers “politiques”.

INTERVIEW

Ils ont pris les rênes de l’île. Depuis mardi, l’alliance nationaliste est à la tête de la nouvelle collectivité corse. Mais les relations avec Paris s’annoncent tendues, dans la mesure où les nouveaux responsables locaux réclament déjà un nouveau statut pour l’île, avec des compétences élargies. “Nos responsabilités sont considérables vis-à-vis des Corses, qui nous ont fait confiance sur la base d’un projet très clair et qui nous impose des discussions pour aller plus loin si nous ne voulons pas trahir notre mandat”, explique Jean-Guy Talamoni, le président de la nouvelle assemblée, invité mercredi de la matinale d’Europe 1.

“Nous sommes entravés”. “Il faut que nous discutions pour avoir un autre statut. Le statut actuel, celui qui existe depuis quelques heures, est seulement la fusion des trois collectivités qui existent mais nous n’avons pas de compétences en plus au bénéfice de la Corse […] c’est très insuffisant par rapport à ce dont nous avons besoin pour gouverner de façon correct les affaires de la Corse”, assure l’élu. “Nous en avons besoin parce que dans différents domaines nous sommes entravés par des dispositifs juridiques qui ne correspondent pas à la réalité de la Corse”.

Reconnaissance de la langue corse et amnistie. Dans la liste des revendications des nationalistes, figure notamment une officialisation de la langue corse, ce qui lui donnerait, sur l’île, un statut égal à celui du français. “La langue, c’est la culture, le droit pour nous de faire en sorte qu’elle ne disparaisse pas. Il y a des études scientifiques qui disent très clairement qu’à défaut d’un statut d’officialité notre langue va disparaître, nous ne pouvons pas accepter que cette part de nous-même disparaisse”, plaide Jean-Guy Talamoni qui, mardi, a prononcé son discours d’investiture en langue corse.

Le responsable réclame également une loi d’amnistie pour les prisonniers corses. “La question des prisonniers doit être traitée prioritairement, ce serait une manière d’envoyer un signal positif, déjà que de rapprocher les prisonniers en Corse, comme la loi le permet. Ce serait un début et puis l’amnistie doit suivre. Dans tous les pays du monde, lorsqu’un conflit sous la forme que nous avons connu est terminé, on tourne la page sous la forme d’une loi d’amnistie”, assure-t-il.