31 juillet 2017

L'interview d'actualité d'Antoine Genton
Rachel Picard : “Le trafic ne pourra pas revenir à la normale aujourd’hui” lundi

La directrice générale de voyages SNCF a expliqué le manque de communication en gare par la “visibilité à court terme” des agents, avec des solutions qui se présentent “au fur et à mesure”.

En plein chassé-croisé des vacances, les usagers de la gare Montparnasse ont vécu un dimanche chaotique après une panne qui a très fortement perturbé le trafic. Ce lundi, seuls trois TGV sur quatre circulent, avec parfois des départs depuis d’autres gares. Rachel Picard, directrice générale de voyages SNCF était l’invité de la matinale d’Europe 1 pour faire le point.

Panne toujours en cours. “La situation ce (lundi) matin est malheureusement la même qu’hier. La panne est toujours en cours. On n’a pas eu le temps de faire suffisamment d’investigations cette nuit. On a privilégié hier le fait d’emmener tous les voyageurs, en particulier de ramener tous les vacanciers chez eux, jusqu’à tard hier soir.” La gare a été ainsi fermée dans la nuit. Les techniciens n’ont ainsi eu “que deux-trois heures pour mener les investigations. C’est comme si on avait une route à quatre voies qu ne pourrait circuler que sur une voie.”

Rachel Picard prévient : “le trafic ne pourra pas revenir à la normale aujourd’huipuisque dès qu’on fait circuler les trains, on ne peut plus mener d’investigations. Elles ne peuvent être menées que le trafic totalement interrompu puisqu’on débranche des systèmes de sécurité, donc la nuit. On tâchera de fermer plus tôt ce soir de manière à pouvoir donner un maximum de temps aux équipes de techniciens.”

Une panne rare. Cette panne s’ajoute à l’ensemble de celles survenues déjà cette année. Un nombre que la directrice générale voyages corolle à l’étendu du réseau du pays. Par ailleurs, “c’est une panne différente des précédentes. Cela vient d’un poste de signalisation. Celui-ci en particulier contient 17 armoires avec des centaines de composants. C’est très rare ce type de panne et les investigations sont longues et difficiles à cause des milliers de composants électriques à vérifier un par un.”

Une communication réduite due à “la visibilité à très court terme”. Du côté des usagers – des milliers ont été concernées dimanche par la panne – c’est l’exaspération. Ils se plaignent au mieux d’être mal informés, au pire de ne pas être informés du tout. “L’objectif hier était d’acheminer le maximum de voyageurs. Il eut été plus simple d’annuler plus de trains. Ce que nous n’avons pas voulu faire. Au fur et à mesure, on essaye de trouver les meilleures solutions” comme des délestages vers la gare d’Austerlitz ou de Massy. “C’est comme un embouteillage, la visibilité est à très court terme”, indique-t-elle pour expliquer ce manque de communication.