02 mars 2020

8h15 - L'interview politique de Sonia Mabrouk
Retraites : malgré le 49-3, “Édouard Philippe n’a pas sifflé la fin de la partie sur le contenu”, explique Berger

Invité lundi de la matinale d’Europe 1, le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger a réagi au recours au 49.3 sollicité par le gouvernement d’Édouard Philippe, samedi. Pour lui, “c’est désastreux pour la démocratie” et “en termes de symbole politique”.
INTERVIEW

Le gouvernement a décidé samedi de recourir à l’article 49 alinéa 3 de la Constitution pour faire adopter la réforme des retraites face à l’opposition, notamment de gauche. Lundi matin, sur Europe 1, le secrétaire général de la CFDT Laurent Berger a estimé que cet usage était “désastreux pour la démocratie”. Selon lui, cela marque “l’incapacité de la représentation nationale à aller au fond des débats”.

Vers un “gros loupé” ?

Pour autant, Laurent Berger continue d’espérer une modification du texte sur le fond. “Édouard Philippe a sifflé la fin de la partie au Parlement”, mais “il n’a pas sifflé la fin de la partie sur le contenu”, explique-t-il au micro de Sonia Mabrouk. Pour autant, “ce texte n’est pas conforme aux enjeux de justice sociale que porte la CFDT. S’il n’y a pas des éléments que nous revendiquons dans les discussions qui vont s’opérer, ce sera un gros loupé.”

Quant à la responsabilité de l’usage du 49-3 entre la majorité et l’opposition de La France insoumise, Laurent Berger renvoie les deux camps dos-à-dos. “Il y a une responsabilité partagée. Il y aurait pu y avoir une autre méthode de débat choisie, qui permettent de prendre un peu plus son temps, et aussi un dépôt massif d’amendements qui a empêché des débats de fond”, estime le numéro un de la CFDT sur Europe 1.