15 septembre 2017

6h20 - L'invité de Raphaëlle Duchemin
Sentinelle : “Cela fait plusieurs années que le dispositif est à la limite de la rupture”

Pierre Conesa, écrivain et ancien haut fonctionnaire, est revenu sur les modifications qui vont être apportées au dispositif Sentinelle, vendredi matin sur Europe 1.

Le dispositif Sentinelle va évoluer, comme l’a annoncé le ministre de l’Intérieur, jeudi. “Je crois que ça change au moins quelque chose pour les hommes. Une grande partie de ce dispositif était statique. Là, on envisage de le rendre un peu plus mobile et c’est intéressant pour les hommes parce que quand on est mobile, on est moins une cible”, a analysé Pierre Conesa, vendredi matin au micro de Raphaëlle Duchemin dans Europe 1 Bonjour.

Une cible pour les terroristes. Comme le rappelle le spécialiste des questions stratégiques internationales et militaires, les soldats de l’opération Sentinelle ont fait l’objet de plusieurs attaques ces dernières années : “C’est à la fois un système qui a protégé et qui a constitué des cibles pour les terroristes ces derniers mois. Donc pour les hommes, c’est extrêmement important d’adapter le dispositif.”

Des hommes épuisés. C’est important parce que les militaires engagés dans cette opération Sentinelle sont éreintés. “C’est un système qui a, en quelque sorte, constitué une espèce de tromperie pour les hommes qui ont décidé de s’engager dans l’armée pour défendre le territoire et participer à des opérations extérieures. Être statique comme cela, c’est épuisant à la longue. Cela fait plusieurs années que le dispositif est à la limite de la rupture”, note Pierre Conesa.

Remotiver les troupes. L’objectif recherché en remaniant le dispositif Sentinelle est-il de remotiver les troupes ? “Incontestablement, répond Pierre Conesa. L’armée a beaucoup fourni ces dernières années, à la fois en termes d’opérations extérieures et en termes de dispositif Sentinelle. Et la crise de cet été entre la haute hiérarchie militaire et le président de la République nécessitait un certain nombre de gestes.”