9 janvier 2018

Le coup de patte de Nadia Daam
Sex and the city : les 20 ans d’une série qui a libéré la parole des femmes sur la sexualité

Chaque jour, Nadia Daam vous présente son coup de patte personnel.

C’est le genre d’anniversaire qui met un grand coup de déambulateur derrière la nuque. Nous célébrons cette année les 20 ans de la série Sex and the city.

C’était en 1998, la série était diffusée pour la première fois sur la chaine HBO, dans la foulée sur Téva en France. Et c’est vraiment important de replacer cet événement dans son contexte.

Aux États-Unis, 1998, c’est l’année ou l’Amérique horrifiée découvre l’affaire Monica Lewinsky. En France, France 3 diffuse la première saison de Louis la Brocante avec Victor Lanoux, le Mister Big des vide-greniers. Autant dire que, des deux côtés de l’Atlantique, le climat n’est pas tout à fait propice à l’accueil d’une série TV dont la ligne éditoriale repose sur le triptyque vibro-boulot-cosmo.

C’est le fondement de la série, qui raconte le quotidien de quatre célibataires new-yorkaises, un quotidien rythmé par le sexe, sa quête, sa jouissance ou son absence. Et c’est ce qu’il faut retenir de Sex and the city, c’est la première série ou il est enfin question de plaisir féminin, de célibat pas nécessairement subi, de désir, de pratiques sexuelles interdites dans plusieurs pays dans le monde.

Tout n’est pas parfait, les personnages féminins sont assez archétypaux, les personnages masculins pas très étoffés, tous les aspects de la sexualité féminine ne sont pas abordés.

Et puis, il y a ce détail qui a toujours agacé Nadia Daam : on suit les pérégrinations de Carrie Bradshaw, journaliste pigiste, qui vit dans une garçonnière sublime et hors de prix, s’achète des Manolo Blanik par palettes, dine au resto tous les soirs. Alors que dans la vraie vie, une free-lance vit en coloc à Montrouge et se nourrit de barquette de tarama devant des replays du Meilleur pâtissier.

Nonobstant ces approximations, Sex and the city a eu des effets concrets sur nos vies et lancé des tendances durables. C’est, par exemple, à la série que l’on doit l’explosion des sites de rencontres. Le dirigeant de l’un de ces sites, Match.com a expliqué qu’il se basait sur la carte des pays dans laquelle la série était diffusée pour lancer une version du site. Reste à savoir si permettre a des gens qui posent en photo avec leur fuego et entrent en contact en écrivant “salut la miss” méritent de pouvoir faire des rencontres et de se reproduire.

C’est aussi Sex and the city qui a normalisé et déringardisé les sextoys. Si votre tata a trouvé tout à fait normal de vous offrir des pinces à tétons à Noël, c’est à HBO qu’il faut vous en prendre.

Mais surtout, Sex and the city, a libéré la parole des femmes sur la sexualité. On peut dire clitoris pas “bouton de rose”. C’est grâce aux dialogues cultes de la série, qu’une femme peut parler sexe sans avoir a exploré le champ lexical de la botanique. Nadia Daam s’est laissée dire que la réplique préférée de Patrick Cohen de la série, c’est une phrase de Samantha quand elle dit “Quand on a des problèmes de sexe, on se prend le cul pas la tête”. Vous voulez pas un Cosmo ?