20 novembre 2019

“Si je ne suis pas favorable à l’interdiction du voile, je ne suis pas non plus favorable à sa promotion”, explique Marlène Schiappa

Au nom de la liberté de conscience, Marlène Schiappa, la ​secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, a rappelé mercredi au micro d’Europe 1 son opposition à une interdiction du port du voile dans l’espace public.
INTERVIEW

“Si je ne suis pas favorable à l’interdiction du voile, je ne suis pas non plus favorable à faire sa promotion.” Quelques semaines après que la question du port du voile islamique dans l’espace public a agité le débat, Marlène Schiappa, ​secrétaire d’État chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes et de la lutte contre les discriminations, est revenue sur ce sujet mercredi, sur Europe 1, estimant notamment que le voile n’est “pas un signe d’émancipation”. Mais refusant, toutefois, que le législateur intervienne en la matière.

“Je ne suis pas favorable à interdire le voile dans l’espace public”, explique Marlène Schiappa au micro de Sonia Mabrouk. “Il y a des choses qui ne sont pas des signes d’émancipation et qui ne sont pas pour autant interdites. Je ne suis pas favorable à interdire le voile dans l’espace public. C’est le choix, éclairé, au nom de la liberté de conscience, de chaque femme de le porter. Quand elles sont obligées de le porter, là, au contraire, il faut tout faire pour qu’elles puissent avoir la liberté de choisir”, explique-t-elle. “Je ne veux pas que les femmes soient obligées de faire quoi que ce soit”, ajoute la secrétaire d’Etat.

“Une dérive du principe de laïcité”

Invitée à réagir à la situation d’une religieuse catholique, à qui il a été demandé, au nom de la laïcité, de retirer son voile et son habit alors qu’elle demandait une place dans une résidence d’hébergement pour personnes âgées à Vesoul, Marlène Schiappa tient à rappeler les principes de la loi sur la laïcité de 1905. “On confond un peu les choses : la neutralité religieuse dévolue aux agents de l’Etat et la neutralité religieuse de chaque citoyen. Les citoyens ne sont pas soumis à la neutralité religieuse quand ils ne représentent pas l’Etat”, martèle Marlène Schiappa.

“De la même manière que je ne suis pas pour interdire le voile islamique pour les femmes, je ne suis pas pour interdire les tenues des religieuses catholiques”, poursuit cette responsable gouvernementale. “C’est une dérive du principe de laïcité”, conclut-elle.