27 septembre 2017

Village médias
Thierry Mandon et Guillaume Bénech : “La presse écrite n’est pas morte”

Avec L’Ebdo et L’Petit Mardi, les deux hommes se lancent dans la périlleuse aventure de la presse écrite. 

INTERVIEW

La presse écrite est-elle en déclin ? La publicité fuit les titres, des médias mettent la clé sous la porte et des journalistes se retrouvent sur le carreau. Un sombre tableau qui n’a pourtant pas découragé Thierry Mandon et Guillaume Bénech de lancer respectivement les hebdomadaires L’Ebdo et L’Petit Mardi dans les kiosques. Invités de Philippe Vandel à 9h40 dans Village Médias, mercredi, les deux hommes y croient : non, la presse écrite n’est pas morte et pourrait au contraire revivre sous une autre forme.

Retrouver la plus-value du papier. Constat partagé par l’ancien secrétaire d’État socialiste et le jeune entrepreneur d’à peine 17 ans : il faut “redéfinir un projet de presse” car “l’écrit a raté le virage du numérique”. Un problème de forme ? Le contenu a également manqué sa transition, analysent-ils. Et avancent chacun des propositions éditoriales pour répondre à ce défi. Avec L’Ebdo, lancé en janvier prochain par les équipes des revues XXI et 6 Mois, Thierry Mandon veut redonner au papier son rôle de support avec une forte plus-value “avec toutes ses potentialités”. Grâce au texte, à la photo et la bande dessinée, il souhaite faire de la place à l’enquête dans cet hebdomadaire de 110 pages sans publicité, à “moins de 4 euros”.

Le numérique en complément. Pour Guillaume Bénech, l’ambition est la même avec L’Petit Mardi, mais les moyens diffèrent. La cible, d’abord : “On essaye de traiter aujourd’hui tous les sujets qui peuvent intéresser les jeunes.” D’où le prix, modique, 90 centimes par numéro avec cette fois-ci de la publicité. Le numérique viendra en complément du papier : “On peut scanner les pages du magazine avec une application et on a accès à des contenus additionnels”, vante Guillaume Bénech, déjà auteur de trois romans.

Crowdfunding. Pour séduire, les deux nouveaux titres de presse misent sur un lien fort avec leur communauté. “On va arrêter d’aller à l’hôtel en reportage. Si vous êtes d’accord, on viendra chez vous, vous rencontrer. Parce qu’on sait que c’est le soir, quand on rentre du boulot, qu’on commence à se raconter notre journée, que sortent les meilleures histoires”, explique ainsi la campagne de crowdfunding de L’Ebdo . À l’heure actuelle, le titre a rassemblé 20.000 euros, sur un objectif de 150.000 euros. Car, affirme enfin l’ancien député socialiste : “La presse a un coût.”