06 février 2020

EXCLUSIF
Trump acquitté : “Si vous pensez qu’il a mal agi, c’est une raison de voter contre, pas de le destituer”

Invité jeudi d’Europe 1, Alan Dershowitz, l’un des avocats de Donald Trump lors du procès en destitution du président américain, est revenu sur sa collaboration avec le milliardaire. “Je ne l’ai pas fait pour l’argent, mais pour défendre la Constitution”, explique-t-il. 

Par le passé, il a défendu des personnalités aussi médiatiques que Jeffrey Epstein ou O.J. Simpson. Lors du procès historique en destitution de Donald Trump, l’avocat et constitutionnaliste Alan Dershowitz a ferraillé devant les sénateurs pour défendre le président américain, accusé d’avoir utilisé les moyens de l’État, notamment une aide militaire validée par le Congrès, pour tenter de forcer l’Ukraine à “salir” son possible adversaire à la présidentielle, Joe Biden. Invité jeudi d’Europe 1, il assure que “les accusations ne parlaient pas d’un cas qui serait susceptible d’amener à la destitution”. 

Selon l’invité d’Europe 1, l’hôte de la Maison-Blanche, “savait parfaitement quel serait probablement le résultat” de son procès, mais était “déterminé à combattre”. Comme il l’a martelé au Sénat, Alan Dershowitz assure que les faits reprochés au milliardaire “n’arrivent pas au niveau d’un crime comme la trahison ou la corruption”, et ne valent donc pas une destitution. “Les accusations elles-mêmes ne parlaient pas d’un cas qui serait susceptible d’amener à la destitution (…) Si on accuse quelqu’un d’être malhonnête, être malhonnête n’est pas un crime”, ajoute l’avocat, dénonçant une accusation “invalide et anticonstitutionnelle”. Et de conclure : “Si vous pensez que le président a mal agi, c’est une bonne raison de voter contre lui, mais pas de le destituer.” 

Un démocrate pour défendre un président républicain

Au cours de sa longue carrière, Alan Dershowitz a défendu de nombreux clients controversés, mais rien ne le prédestinait à prendre en charge le cas du président républicain, lui qui se définit comme un démocrate. D’ailleurs, raconte-t-il, “ma femme y était très opposée”. Après un appel de Donald Trump, intéressé par ses articles et ses ouvrages abordant les critères de destitution, les deux hommes ont finalement convenu de travailler ensemble.

“Nous sommes tombés d’accord sur le fait que je servirai d’avocat, de conseiller constitutionnel, mais que je ne serai pas membre de son équipe au jour le jour”, narre Alan Dershowitz, “et que je m’en tiendrais à des arguments constitutionnels”. Durant toute la procédure, Donald Trump et son avocat ne se seront finalement rencontrés qu’une seule fois, dans l’hôtel du milliardaire, en Floride.

“De vieux amis ont cessé leurs relations avec moi”

Réaffirmant ne pas être un “soutien politique du président Trump”, Alan Dershowitz assure ne pas avoir été rémunéré dans ce dossier. “Je ne l’ai pas fait pour l’argent”, explique-t-il, “mais pour protéger la Constitution. Je gagne ma vie en écrivant des livres, des articles, ou en défendant d’autres personnes.” 

Mais cette présence aux côtés du républicain n’a pas été sans conséquences pour la vie privée de l’avocat. “Beaucoup de personnes sont en colère. Des vieux amis ont cessé leurs relations avec moi”, confie Alan Dershowitz, qui fait part part de son inquiétude face à la situation politique actuelle aux Etats-Unis. “Nous vivons dans un pays extrêmement divisé. C’est une tragédie pour l’Amérique. Il faudrait qu’on puisse se réconcilier.”