04 décembre 2019

Une rivalité orchestrée avec Emmanuel Macron ? “Je ne regrette pas du tout cet échange”, assure François Ruffin

Face à la polémique d’une éventuelle orchestration de la rivalité entre Emmanuel Macron et François Ruffin, qui enfle depuis la révélation d’une conversation entre les deux hommes, le député, proche de la France Insoumise, répond au micro d’Europe 1 en assurant avoir tout fait pour donner de la visibilité  aux salariés d’Ecopla. 
INTERVIEW

François Ruffin a-t-il monté une mise en scène de sa rivalité avec Emmanuel Macron ? C’est le “scoop” révélé le 26 novembre dernier sur Twitter par l’activiste et pamphlétaire, Juan Branco, avec comme preuve une conversation enregistrée le 12 septembre 2016. A cette époque, François Ruffin, encore rédacteur en chef de Fakir, soutient la mobilisation des salariés d’Ecopla, une entreprise d’aluminium dans le Vercors, et cherche à attirer l’attention médiatique autour de sa cause. Lors d’une audience entre Emmanuel Macron et les salariés, les deux hommes discutent. François Ruffin, député de la Somme apparenté à la France insoumise, réagit à la polémique au micro d’Europe 1.

François Ruffin l’assure : “Je ne regrette pas du tout l’échange”. “C’était en 2016 sur le dossier des ouvriers d’Ecopla. Un journaliste était présent donc ce n’est pas une conversation secrète”, précise le député, en retraçant le contexte de l’époque. “On squatte le QG de campagne d’Emmanuel Macron, et il nous dit ‘sur ce dossier je n’ai pas fait mon boulot, j’ai fait des erreurs, je prends ma responsabilité’. On lui dit que c’était bien de nous le dire en off, mais que maintenant on allait l’interpeller sur la place publique.”

Une conversation sur la stratégie à adopter 

Sur la conversation révélée par Juan Branco et scriptée par les Inrocks, François Ruffin interpelle Emmanuel Macron et lui donne des conseils. “Moi je pense que si on réfléchit stratégie, il faut que vous soyez vivement interpellé, et publiquement, par les salariés d’Ecopla, ça fera un épisode. Et ensuite, que vous y répondiez en disant : ‘Moi je suis prêt à aller me déplacer sur place’, ben ça fait un deuxième épisode” déclarait-il.

Le candidat Emmanuel Macron lui répond : “Ok, ok. […] Un : on échange sur le dossier. Deux : on vous tient au courant des avancées. Trois : vous, vous m’interpellez publiquement. Quatre : dans la foulée, on cale ensemble une date de déplacement. Le 5 octobre, ou courant fin septembre, et on voit comment on la communique ensemble.” 

“Aujourd’hui je suis député, je ne pratiquerais pas du tout la même chose, à l’époque j’étais un journaliste-activiste”, raconte François Ruffin. “J’étais venu pour défendre des ouvriers, complètement délaissés, qui n’existaient pas pour la sphère publique, pour le pouvoir, pour le ministère.” En 2016, de passage pendant le mois d’août, le rédacteur en chef de Fakir rencontre ces ouvriers et décide de les aider à monter à Paris pour se faire entendre. Mais aussi des les aider à mettre le sort de leur entreprise au cœur de l’actualité. C’est ainsi qu’ils “coincent Macron” en squattant son QG de campagne et qu’ils le somment d’aller répéter son mea culpa en public. “Quand une erreur est faite, on ne veut pas que ce soit dit sur un coin de table, on veut le déballer sur la place publique”, conclut l’élu.