19 février 2020

Valérie Pécresse : “Ce que je crains, c’est l’entrisme des islamistes aux municipales”

La présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse, était l’invité de la matinale d’Europe 1, mercredi. Au lendemain d’un déplacement d’Emmanuel Macron à Mulhouse, consacré à la lutte contre le “séparatisme islamiste”, celle-ci a réagi à la présence de listes communautaires aux municipales. Des listes communautaires qu’elle qualifie d'”entrisme”, et dont elle se prononce pour leur interdiction.
INTERVIEW

“Les listes communautaires doivent être interdites, mais j’estime qu’elles sont un problème marginal dans des municipales”, affirme Valérie Pécresse, disant craindre davantage “l’entrisme”. Invitée d’Europe 1, mercredi, la présidente de la région Île-de-France s’est exprimée sur l’islamisme et le communautarisme, au lendemain de la visite d’Emmanuel Macron à Mulhouse, consacrée à la lutte contre le “séparatisme islamiste.

Listes “multi-communautaires”

Listes communautaires, entrisme… quelle différence ? “Les listes que nous avons en Île-de-France sont des listes multi-communautaires”, précise la présidente de la région. Celle-ci illustre son choix sémantique avec un exemple concret. Celui de la mairie d’une commune du Val-d’Oise. “Quand vous entendez le candidat de Goussainville donner un entretien au journal l’Opinion, et qu’il dit ‘ma liste ne sera pas communautaire, on a des Français, des Noirs, des Arabes, des Turcs’, eh bien ça c’est une phrase communautariste !”, abonde-t-elle.

Aussi, elle le rappelle : plus que les listes communautaristes, le sujet qui la préoccupe, aujourd’hui, “c’est l’entrisme des islamistes sur les listes, y compris à des places stratégiques sur des listes qui sont estampillés par des partis classiques”.

Candidats radicalisés

En novembre dernier, Valérie Pécresse avait proposé une loi pour rendre inéligibles les candidats radicalisés islamistes aux élections municipales. À l’époque, déjà, elle avait affirmé considérer que la principale menace pesant sur ces élections était celle de l’entrisme sur les listes de candidats radicalisés islamistes, qui seraient alors en position de devenir maire de leur commune.

“C’est pour ça que je voulais une loi contre l’entrisme”, répète-t-elle au micro d’Europe 1. Une loi qui empêche les radicalisés de pouvoir être élus ou réélus, résume la président de la région Île-de-France. “Parce que le paradoxe, c’est qu’on peut, aujourd’hui, être fiché à l’antiterrorisme et être sur une liste municipale ; si on est policier dans une ville, on n’a pas le droit de s’y présenter.”