12 octobre 2017

Europe Matin
Valls insulté par Mélenchon : “Ce n’est pas un coup de colère, je le connais bien”

L’ex-Premier ministre, traité de nazi par le leader de la France insoumise début octobre à l’Assemblée, accuse son adversaire d’opportunisme par rapport à un nouvel antisémitisme.

INTERVIEW

La tension n’est pas prête de retomber entre Manuel Valls et Jean-Luc Mélenchon. Vendredi, le leader de la France insoumise avait démissionné de la mission d’information parlementaire sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, présidée par l’ancien Premier ministre, traitant au passage publiquement ce dernier de “nazi”, et d’autres noms d’oiseaux. “Je ne l’ai pas entendu, mais il l’a dit selon différents témoins. Mais devant moi, il a proféré de nombreuses insultes”, a confirmé le député de l’Essonne, invité d’Europe Matin jeudi. “Ce n’est pas un coup de colère de sa part. Je le connais bien. C’est parfaitement maîtrisé”, a-t-il aussi estimé, accusant son adversaire de vouloir le disqualifier, mais aussi d’exploiter un “nouvel antisémitisme” latent en France. “Il y a au moins de l’opportunisme”, a-t-il lancé.

“C’est insupportable”. L’ancien Premier ministre a d’abord accusé Jean-Luc Mélenchon de vouloir le disqualifier. Quand vous traitez un responsable politique, un social-démocrate, un démocrate, un républicain, de droite ou de gauche, de fasciste, de nazi, quand vous l’insultez, c’est une manière de le disqualifier, d’empêcher le débat. C’est pour ça que c’est insupportable”, a-t-il jugé. 

“Quand votre oratrice principale, c’est la députée Obono…” Mais surtout, Manuel Valls ne retire rien de ses accusations de “complaisance” qu’aurait son adversaire à l’égard de l’islam radical. “Il y a une partie de la gauche qui est soit complaisante, soit qui n’a pas pris conscience de ce qu’est la réalité dans un certain nombre de nos territoires”, a-t-il lancé, allant plus loin sur son adversaire du moment. “Quand sur les questions de sécurité et de lutte contre le terrorisme, votre oratrice principale, c’est la députée Obono, dont on connait aujourd’hui les prises de position, les textes qu’elle a écrit, après les attentats de janvier 2015, après la manifestation du 11 janvier. Quand elle dit qu’elle a plutôt pleuré pour Dieudonné et pas pour les victimes de Charlie, il y a là une vraie conception”, a martelé le député de l’Essonne.