jeudi 04 septembre 2018

5h-7h Matthieu Noël
Violences en marge de PSG-Etoile rouge : “Ne faisons pas des supporters des espèces de démons incontrôlables”

Au micro de Matthieu Noël, Patrick Mignon, sociologue du sport, revient mardi sur les violences de certains supporters dans les stades de foot lors du match de Ligue des Champions entre PSG et l’Etoile rouge.

INTERVIEW

Les incidents ont tout de même éclaté. Malgré les 850 policiers et gendarmes déployés aux abords du Parc des Princes lors de la victoire du PSG contre l’Etoile Rouge de Belgrade, mercredi soir, 300 à 400 individus cagoulés ont lancé des projectiles sur les forces de l’ordre, juste après le coup de sifflet final du match. Invité de Matthieu Noël jeudi, Patrick Mignon, sociologue du sport, revient sur ces épisodes de violence qui ont tendance à se répéter.

Une violence cyclique. “Je ne suis pas étonné de la situation”, confie-t-il au micro d’Europe 1. “Il y a une espèce de routine qui se répète dans les violences en marge des rencontres de football. Et puis, il y a des moments plus calmes”, analyse le rapporteur d’un livre vert sur le “supportérisme”, paru en 2010. 

Le dialogue plutôt que la sanction ? Face à une violence que l’on peine à endiguer, et qui peut se transformer en véritable enjeu économique, comme le match de Ligue des Champions à huis-clos de l’OL contre Donestsk, mardi dernier, qui a coûté plus de quatre millions d’euros de manque à gagner au club français, les sanctions infligées par l’UEFA sont-elles adaptées ? “Moi, je milite pour des solutions fondées beaucoup plus sur le thème du dialogue. Ne faisons pas des supporters des espèces de démons incontrôlables. Posons-nous la question de savoir ce que représente un club de football dans une ville, ce qu’est un mouvement de gens qui veulent se rassembler pour soutenir leur équipe”, lance le sociologue. “Il faut mettre en place des dispositifs, non pas de répression, mais de dialogue. Car la question concerne aussi des gens qui veulent simplement être acteurs du football”, conclut-il.