1 er février 2018

Violences faites aux femmes : une association submergée d’appels ferme son standard

Face à un afflux de témoignages de victimes de violences au travail, l’AVFT a décidé de fermer son standard téléphonique pour traiter les dossiers déjà en cours.

REPORTAGE

Le téléphone de l’Association européenne contre les violences faites aux femmes au travail (AVFT), basée à Paris, sonnera désormais dans le vide. Face au trop grand nombre d’appels, les cinq salariés ont décidé de fermer la permanence téléphonique pour quelques temps

Des dossiers qui s’entassent de plus en plus. Des dossiers de victimes sont empilés dans tous les recoins du trois-pièces exigu. “Ça, ce sont tous des dossiers de femmes qu’on a ouvert. Il y en a dans tous ces placards-là, sur toutes ces étagères… Il y en a partout.” Un travail titanesque pour une petite équipe de cinq salariés.

On n’est plus en capacité de répondre à tout le monde”. En 2016, Léa recevait quatre appels de victimes par semaine, aujourd’hui c’est jusqu’à dix par jour. “On est submergé, depuis l’affaire Weinstein notamment [cet ancien producteur d’Hollywood accusé par des dizaines de femmes d’agressions sexuelles et de viols, ndlr]. On a une liste de nouvelles victimes qui ne cesse de se remplir. On n’est plus en capacité de répondre à tout le monde, on n’est plus en capacité d’ouvrir de nouveaux dossiers, ce qui impacte forcément la santé des salariés de l’association.”

Suspendre la permanence pour faire avancer les dossiers en cours. Désormais, pour aider ces femmes, une messagerie qui invite les victimes à contacter l’association par mail a été mise en place. “C’est de la colère, c’est de la tristesse qu’on ressent aujourd’hui parce qu’on sait l’impact que ça va avoir sur les femmes et on sait le désert auquel elles sont confrontées.” Et cela permettrait de faire avancer les dossiers déjà en cours selon Léa, un travail qui pourrait prendre plus d’un an.