Violences policières : “Il faut que la justice passe”, affirme Rémy Heitz

Invité mardi sur Europe 1, le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, est revenu sur les épisodes de violences qui ont émaillé le mouvement des gilets jaunes. Il est revenu successivement sur la polémique autour de l’abus du recours aux gardes à vues et sur les affaires de violences policières. “Il faut que la justice passe”, a-t-il plusieurs fois répété.
INTERVIEW

Invité mardi d’Europe 1, le procureur de la République de Paris, Rémy Heitz, est revenu sur les épisodes de violences qui ont émaillé le mouvement des gilets jaunes. Il est revenu successivement sur la polémique autour de l’abus du recours aux gardes à vues et sur les affaires de violences policières. “Il faut que la justice passe”, a-t-il plusieurs fois répété.

“On a tout entendu sur le traitement judiciaire de ces affaires. Un jour trop laxiste, un jour trop répressif.” Rémy Heitz était visiblement exaspéré par les critiques adressées par certains avocats et associations de défense des droits de l’Homme. Ces dernières ont reproché au parquet de Paris d’avoir eu massivement recours aux gardes à vues lors des manifestations. Le procureur de la République de Paris avoue lui-même que certaines journées de manifestations ont débouché sur un millier de gardes à vues.

Face à ces accusations, il a rappelé le sérieux du travail de la Justice : “Nous avons une politique pénale tout à fait constante, faite à la fois de fermeté mais avec le souci d’apporter une réponse individualisée pour chaque personne interpellée.”

Une vingtaine d’instructions pour des policiers

Se penchant par la suite sur les affaires impliquant les forces de l’ordre, Rémy Heitz n’a pas manqué de rappeler la complexité des dossiers en question : “Ce sont des scènes d’une très grande confusion, il faut un travail pointu pour parvenir à la manifestation de la vérité.” Sur les quelque 200 affaires d’usage illégitime de la violence par les policiers, une vingtaine ont déjà débouché sur une instruction, “souvent pour les faits les plus complexes, les plus graves”, précise le procureur.

“Nous avons déjà, pour les affaires les plus simples, renvoyé des policiers devant le tribunal correctionnel.” Deux policiers ont été condamnée, fin 2019. “Il y aura d’autres poursuites”, a conclu Rémy Heitz.