22 juillet 2020

Europe 1 Culure médias
Affaire Matzneff : l’élu parisien Christophe Girard se défend des critiques

Après un appel à la suspension de Christophe Girard par des élus écologistes parisiens “pour faire la lumière” sur ses liens avec l’écrivain Gabriel Matzneff, accusé de viol sur mineur, l’adjoint à la Culture d’Anne Hidalgo s’est défendu ce mercredi dans Culture médias, sur Europe 1. Il dénonce une forme de “justice des réseaux sociaux”, “une justice de la rue”.
INTERVIEW

Invité de Culture médias sur Europe 1 ce mercredi, l’adjoint à la Culture d’Anne Hidalgo, Christophe Girard, est revenu sur la demande de “deux élues nouvelles” de la capitale souhaitant sa suspension, “en attendant les résultats d’une enquête de l’inspection générale de la Ville [de Paris] pour faire toute la lumière sur les liens et éventuels soutiens de Christophe Gérard à Gabriel Matzneff dans le cadre de ses fonctions”.

Une “justice des réseaux sociaux”

Concrètement, ces membres du groupe écologiste du Conseil de Paris soulèvent notamment la question d’une aide apportée à l’écrivain visé par une enquête de “viols sur mineur” dans les années 1980 de la part de Pierre Berger, dont Christophe Girard était alors le bras droit “dans son cabinet de création et de communication”. S’il ne nie pas cette aide apportée par Pierre Berger à “titre personnel” à l’écrivain pour l’héberger, l’adjoint se défend d’avoir eu connaissance à ce moment des révélations parues dans le roman autobiographique de Vanessa Springora, en janvier dernier, dans lequel elle décrit la relation sous emprise qu’elle a entretenue, lorsqu’elle était mineure, avec l’auteur.

“En quoi ai-je un lien avec l’affaire ?” demande Christophe Girard, dénonçant des accusations “très graves” dans le sillon de #MeToo, mais également d’un mouvement de “cancel culture qui souhaite s’attaquer aux personnalités publiques ou inconnues pour les faire annuler, les faire disparaître quand il y a un soupçon de crime”, explique-t-il. Une forme de “justice des réseaux sociaux” d’après lui, “une justice de la rue, de la peur, de l’intimidation” qu’il compare à la Terreur, et aux comités de Salut public dont Robespierre a été membre. 

“La présomption n’est plus d’innocence, mais de culpabilité”

S’appuyant notamment sur le fait que l’adjoint, désormais sous protection policière, a été entendu en mars dernier en tant que témoin dans le cadre de l’affaire Matzneff, les écologistes entendent également participer, aux côtés d’associations féministes, à un rassemblement jeudi en marge du premier Conseil de Paris de la nouvelle mandature pour réclamer son “départ”, avec des slogans l’accusant personnellement. Une raison de plus pour Christophe Girard de dénoncer “cette nouvelle manière de considérer que la présomption n’est plus d’innocence, mais de culpabilité”.

“Les luttes d’aujourd’hui sont construites sur nos victoires”

Tout en énumérant au micro d’Europe 1 une bonne partie de ses combats “pour la vérité et contre les discriminations” qui ont parsemé sa vie dès son plus jeune âge, Christophe Girard affirme : “Les luttes d’aujourd’hui sont construites sur nos victoires.” Victoire qu’il compte bien une nouvelle fois remporter, cette fois-ci par le biais de la justice, son avocate ayant déjà annoncé porter plainte “dans les prochains jours” pour diffamation. Et de tacler : “Viol et pédocriminalité sont des sujets contre lesquels je me bats, et je n’ai pas attendu ces élues pour le faire.”

De son côté, le premier adjoint d’Anne Hidalgo, Emmanuel Grégoire, a estimé lundi qu’il n’y a “aucune raison d’écarter Christophe Girard de notre équipe, pour des raisons juridiques, morales et éthiques”, tout en demandant à “faire attention à ne pas mélanger tous les sujets”.