21 avril 2020

12h - 14h :"La france bouge" avec Rapaëlle Duchemin
“C’est un tsunami” : le Secours populaire alerte sur l’explosion de la précarité

Jean Stellittano, secrétaire national du Secours populaire, estime mardi sur Europe 1 les besoins de l’association à 10 millions d’euros pour réapprovisionner ses entrepôts. Ceux-ci ont été vidés en raison d’un nombre de bénéficiaires qui ne cesse d’augmenter.
INTERVIEW

Pertes d’emplois, cantines fermées, factures qui s’alourdissent, impossibilité de faire la manche pour les SDF… Avec le confinement, des milliers de personnes déjà précaires voient leurs situations s’aggraver. Dans ce contexte, le Secours populaire, de plus en plus sollicité, lance un appel à l’aide. Objectif de l’association : récolter de l’argent et de la nourriture pour reconstituer les stocks, explique Jean Stellittano, secrétaire national de la structure, mardi midi sur Europe 1.

“Je pense qu’on est en deçà de la réalité, mais on a besoin de 10 millions d’euros pour réapprovisionner tous nos entrepôts qui ont utilisé presque six mois de stocks en l’espace d’un mois”, affirme Jean Stellittano. “Le 11 mai (date de la première étape du déconfinement, ndlr), ce n’est pas la fin de la précarité, ce n’est que la continuité. On aura besoin de cette aide encore plusieurs semaines.”

Nouveaux précaires

Pour le Secours populaire, l’aspect financier est essentiel : “On a besoin d’aliments. Pour avoir cette nourriture, il faut de la logistique. Pour animer la logistique, il faut de l’argent”, insiste le responsable. “Le nerf de la guerre, c’est l’argent. Les grandes surfaces se mobilisent autour des associations humanitaires pour leur apporter de l’aide mais, malheureusement, tout n’est pas gratuit. L’argent reste essentiel pour pouvoir apporter de la nourriture aux plus près des familles les plus démunies.”

Ce que constate Jean Stellittano, et ce que d’autres associations caritatives pointent également auprès d’Europe 1, c’est la forte hausse du nombre de bénéficiaires. “Les listes s’agrandissent, on voit apparaître des profils qui n’avaient pas besoin d’aide avant”, confirme Sylla Wodiouma, président des Têtes Grêlées, une association de Pantin. En matière de distribution aux bénéficiaires, “on a commencé avec 200, puis on est passé à 450. De 450, on est passé à 750”, abonde Mohamed Mechmache, du collectif AC Le Feu, à Clichy-sous-Bois. “On voit arriver une nouvelle population, des auto-entrepreneurs, des petits commerçants, des anciens bénéficiaires qui retombent dans la précarité”, détaille quant à lui Jean Stellittano.

Repérer les personnes dans le besoin

“Il nous faut de l’argent, mais aussi détecter les besoins, car des personnes sont sous-alimentées et n’osent pas ou qui ne savent pas appeler à l’aide”, reprend le secrétaire national du Secours populaire, qui appelle “les familles, les voisins” à “aller voir les plus isolés. Il faut que la solidarité fonctionne avec des bénévoles qui viennent de plus en plus nombreux pour trier et pour collecter”, souligne le responsable, selon qui “ce combat est colossal”. Pire, “c’est un tsunami” de précarité qui s’abat sur la France confinée.