14 avril 2020

8h15 : l'interview politique de Sonia Mabrouk
Coronavirus : “Une trêve républicaine n’empêche pas de faire le constat des failles de Macron”, assure Marion Maréchal

Au lendemain de l’allocution d’Emmanuel Macron sur la situation sanitaire en France, Marion Maréchal, retirée de la vie politique et ancienne députée RN, réagit sur Europe 1. 
INTERVIEW

Ce lundi Emmanuel Macron a pris la parole pour la quatrième fois depuis le début de la crise sanitaire lors d’une allocution télévisée. Le président de la République a dit son sentiment de fierté face à l’union du pays. Retirée de la vie politique, Marion Maréchal​, directrice de l’ISSEP à Lyon, ancienne députée RN​, réagit sur Europe 1. 

“Ce qui me dérange un petit peu dans l’utilisation de l’unité nationale c’est qu’elle semble parfois utilisée pour ne pas avoir à rendre des comptes politiques ou sur la manière de gérer une crise”, souligne l’ancienne députée. 

“Je prends cela avec précaution, si bien sur on doit être tous solidaire dans cette période, et qu’il peut y avoir une petite trêve républicaine sur les polémiques de bas étage, cela n’empêche pas qu’il faut faire le constat des failles de la manière de gouverner d’Emmanuel Macron”. 

“La réalité c’est qu’aujourd’hui Emmanuel Macron fait parti des personnes qui considère, en tant que progressiste, que l’Histoire est une forme de progrès linéaire or l’Histoire c’est une succession de chocs, de ruptures, de surprises. Et comme on ne peut pas anticiper ces surprises, le moins qu’on puisse faire lorsqu’on est un homme d’Etat c’est d’organiser la résilience de la communauté nationale pour que ces ruptures ne soient pas fatales”, ajoute Marion Maréchal. 

“J’attends de voir la manière dont Emmanuel Macron va se réinventer. Quand il nous parle de la souveraineté industrielle, de la souveraineté alimentaire, il parle à son niveau de souveraineté européenne. Il y a une forme de dévoiement du mot”, précise l’ancienne députée. 

“Je goûte de manière ironique le fait qu’Emmanuel Macron se fasse le défenseur de la souveraineté économique lui qui, hier, ministre de l’Economie a vendu la branche énergie d’Alstom aux Américains”, ironise-t-elle. “Si tant est qu’il ait changé son logiciel, cela ne s’est pas vu dans les dernières semaines.”