26 mai 2020

INFO EUROPE 1
Hydroxychloroquine : avis défavorable du Haut conseil de la santé publique

Le ministre de la Santé Olivier Véran avait demandé samedi au Haut conseil de la santé publique de se prononcer sur le recours à l’hydroxychloroquine. Selon nos informations, l’avis du HCSP est défavorable et recommande donc d’en arrêter la prescription. 
INFO EUROPE 1

L’hydroxychloroquine va-t-elle bientôt être interdite en France ? Le ministre de la Santé Olivier Véran avait demandé samedi au Haut conseil de la santé publique (HCSP) de proposer “une révision des règles de prescription” de divers traitements, comme l’hydroxychloroquine. Selon les informations d’Europe 1, l’avis du HCSP est défavorable et recommande d’arrêter de prescrire de la chloroquine contre le coronavirus. Olivier Véran devrait donc prendre un nouveau décret dans les prochains jours, pour limiter au maximum les prescriptions de ce traitement controversé. 

Arrêter les prescriptions

Cette décision fait suite à la publication d’une étude vendredi dernier dans la revue médicale The Lancetjugeant inefficace voire néfaste, le recours à la chloroquine ou à ses dérivés comme l’hydroxychloroquine contre le Covid-19. L’OMS avait, de son coté, annoncé lundi la suspension temporaire des essais cliniques avec l’hydroxychloroquine par mesure de précaution.

En dehors des essais cliniques, la France a déjà restreint l’usage de l’hydroxychloroquine (HCQ) à l’hôpital uniquement, et seulement pour les cas graves, sur décision collégiale des médecins. Avec cet avis du Haut conseil, il faut donc arrêter les prescriptions d’hydroxychloroquine pour le Covid-19, sauf dans le cas des essais cliniques qui peuvent être poursuivis mais qui devront réévaluer le rapport bénéfice/risque de ce médicament.

Un décret devrait être pris dans les prochains jours

Pour rendre leur avis, les experts ont analysé plusieurs études internationales, dont celle du Lancet. Toutes arrivent aux mêmes conclusions : il n’existe aucune certitude sur l’efficacité du traitement, en revanche sa toxicité cardiaque est bien réelle. Autre preuve des risques de ce médicament avec les données de pharmacovigilance en France : 171 cas d’effets indésirables ont été enregistrés depuis deux mois sur des patients qui avaient pris de l’hydroxychloroquine, dont une centaine d’accidents cardiaques et cinq morts.

Le ministre de la Santé Olivier Véran devrait, sans surprise, suivre l’avis du Haut Conseil de la Santé publique et prendre un nouveau décret dans les prochains jours pour limiter au maximum les prescriptions de ce médicament.