4 novembre 2020

8H15 - "L'interview politique" de Sonia Mabrouk
“Les États-Unis resteront les alliés de l’Europe, quelle que soit l’issue de l’élection”, assure Thierry Breton

“Les Etats Unis sont un grand partenaire, se sont nos alliés”, rappelle sur Europe 1 le commissaire européen Thierry Breton. Quelle que soit l’issue de l’élection entre Donald Trump et Joe Biden, il l’assure : l’Amérique restera un partenaire commerciale important de l’Union européenne. 
INTERVIEW

Les résultats de l’élection présidentielle américaine se font attendre. Entre Joe Biden et Donald Trump, la bataille électorale fait rage, dans le contexte d’une Amérique profondément divisée. Thierry Breton, commissaire européen, chargé de la politique industrielle, du marché intérieur, du numérique, de la défense et de l’espace, prend note de cette division sur Europe 1 tout en rappelant que l’Union européenne resterait l’allié des Etats-Unis, peu importe le nom du futur président américain.

“Les Etats Unis sont un grand partenaire, se sont nos alliés”, assure-t-il. “Quelle que soit l’issue de l’élection, ils resteront nos alliés.” Le commissaire européen décrypte les changements de la politique extérieures des Etats-Unis, qui resteront d’actualité et ce malgré l’élection d’un président démocrate. “Donald Trump a quelque part contribué à les détricoter pour replacer l’Amérique au centre de son jeu, tout en ayant une relation de plus en plus tendue avec la Chine. Cette ‘guerre commerciale’ va évidemment durer peu importe les résultats des élections.”

Un déclic pour plus de souveraineté 

Thierry Breton note aussi un changement dans les relations internationales entre l’Amérique et l’Europe, alliés historiques. “Je crois que l’Amérique a beaucoup changé, sous la présidence Trump mais pas uniquement. On se souvient que Barack Obama ne cessait de dire aux Européens qu’ils devaient prendre leur destin en main et accroître leur défense eux-mêmes. Trump a amplifié cette tendance”, décrypte-t-il. Pour le commissaire européen, cette tendance a permis une “prise de conscience” au sein de la communauté européenne, parfois “naïve” et trop en attente de l’aide américaine. 

Pour nous, Européen, c’est évidemment le moment de réagir. C’est ce que nous avons fait, avec la présidente de la Commission Ursula von der Leyen, sans hésiter et sans états d’âme. L’Europe ne peut plus se permettre d’être naïve, doit prendre son destin en main et assumer dans plusieurs domaines une souveraineté pour être un partenaire équitable, fiable, fort avec les Etats-Unis mais aussi avec la Chine.”