04 mai 2020

Les masques chirurgicaux sont “importés de Chine à un prix qui a fortement augmenté”, selon Pannier-Runacher

Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État à l’Économie et aux Finances, en charge de la question des masques, était l’invitée d’Europe 1. Elle a expliqué pourquoi le coût des masques chirurgicaux à usage unique, disponibles ce lundi en supermarché, s’était envolé de 8 à 95 centimes d’euros.
 
INTERVIEW

Les masques chirurgicaux sont disponibles depuis lundi dans les grandes surfaces, après les pharmacies, au prix maximum effectif de 95 centimes d’euros. Mais ils étaient vendus autour de 8 centimes, début février… Comment expliquer une telle différence ? Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État auprès du ministère de l’Économie et des Finances, en charge de la question des masques, est revenue sur Europe 1 sur les raisons de cette hausse des prix.

Selon elle, après la signature du texte ce weekend portant plafonnement du prix des masques chirurgicaux à 95 centimes d’euros, ces derniers devraient plutôt “être vendus à prix coûtant autour de 60 centimes d’euros”. Mais en février, avant la pénurie, ils valaient quand même beaucoup moins, autour de 8-9 centimes pièce.

Envol du prix de transport depuis l’international et jusqu’aux commerces

“Les conditions d’achat de ces masques ont profondément évolué”, rappelle Agnès Pannier-Runacher. “Tous ces masques disponibles à l’achat sont des masques fabriqués en Chine, car tous les masques fabriqués en France vont directement dans les services de santé.” Or, ajoute la secrétaire d’Etat, “ils sont importés de Chine à un prix qui a fortement augmenté.”

Cette augmentation est selon elle le résultat de l’envol du coût “pour transporter ces masques depuis l’usine chinoise jusqu’à l’aéroport français”, en raison de la “désorganisation des chaînes logistiques” due à la pandémie et d’une “explosion des prix de transport depuis l’international”. De plus, assure Agnès Pannier-Runacher, “le prix de la logistique de l’aéroport jusqu’aux officines, aux petits commerces ou zones de grande distribution” a lui aussi augmenté.

En Espagne, le prix de ces masques a été fixé à 96 centimes d’euros, soit l’équivalent du prix français, ce qui montre, dit la secrétaire d’Etat, que les importations ont augmenté pour tous de la même manière. La France, qui souhaite désormais être moins dépendante des producteurs internationaux, construit “de nouvelles capacités de production” de masques, rappelle la secrétaire d’Etat. Elle affirme que la France sera en capacité de produire 20 millions de masques par semaine fin mai.