20 novembre 2020

Podcast Europe 1 Studio
Les “nouveaux pères” sont-ils vraiment nouveaux ?

En 2021, le congé paternité passera à 28 jours contre 11 actuellement. Est-ce encore suffisant ? Et qui sont les “nouveaux pères” qui vont en bénéficier ? Dans le dixième épisode du podcast “Les Éclaireurs”, Matthieu Belliard prend le temps d’interroger Christine Castelain-Meunier, sociologue au CNRS. Elle nous explique d’où vient l’expression “nouveaux pères” et revient sur la notion d’instinct paternel.

C’est voté ! Le Sénat vient de valider l’allongement du congé paternité à 28 jours, contre 11 actuellement. Ce congé sera effectif le 1er juillet 2021. Une victoire pour de nombreux pères. Mais certains aimeraient aller encore plus loin, comme c’est le cas dans les pays scandinaves. D’autres en revanche n’en veulent pas. Ils ne voient pas pourquoi on les obligerait à prendre ce congé… Alors qui sont les “nouveaux pères”, ceux qu’on surnomme les “papas poules” ? De quoi ces “nouveaux pères” ont-ils besoin pour prendre toute leur place ? Qu’est-ce qu’une paternité relationnelle ? Et peut-on parler aujourd’hui d’instinct paternel ? 

Dans le dixième épisode du podcast “Les Éclaireurs”, Matthieu Belliard prend une nouvelle fois le temps d’écouter le monde changer. Avec son invitée, la sociologue au CNRS Christine Castelain-Meunier, auteure de nombreux ouvrages sur la paternité, le présentateur de la matinale d’Europe 1 s’interroge sur la nouvelle façon d’appréhender la venue au monde d’un enfant quand on est un homme. 

Trois idées à retenir pour prendre le temps d’écouter le monde changer

Au Moyen-Age, les papas changeaient les bébés. (A écouter à partir de 3’30). “Au Moyen Âge, les paysans travaillaient dans les champs, et ils emmenaient les tout-petits dans les champs et tout le monde s’occupait des enfants. Et il y avait véritablement une implication des hommes dans tout ce qui concernait les affaires domestiques aussi”, rappelle la sociologue Christine Castelain-Meunier.

La société a passé son temps à casser l’instinct paternel (A écouter à partir de 9’10). “La culture, la société a passé son temps à éloigner les hommes de la notion d’instinct paternel”, regrette Christine Castelain-Meunier. Pourtant selon les observations de la sociologue, l’homme développe une communication intense avec son bébé dès la naissance. Cela passe par les échanges sensoriels, olfactifs, le regard. “Ça, on l’a vraiment occulté, comme si un père, un homme à qui on donnait un nouveau-né allait le faire tomber. Comme s’il allait éclater en mille morceaux.”

Les femmes doivent questionner la place qu’elles laissent aux hommes (A écouter à partir de 14’07). L’émancipation des femmes a joué un rôle déterminant dans l’avènement de ces nouveaux pères. Pour la sociologue, les femmes doivent désormais faire en sorte de laisser l’homme prendre sa place à la maison. “C’est quelque chose qui n’est pas simple. La femme est contente que l’homme s’intéresse à l’enfant qu’elle a mis au monde. C’est une évidence. Mais en même temps, elle a un peu l’impression que tout ce qui concerne le domestique, le familial, c’est son territoire. Or, il est selon moi fondamental que la femme laisse vraiment l’homme prendre sa place auprès de l’enfant comme il l’entend”.