Vendredi 10 mars 2023

Europe 1 Matin - 8h13 - L'entretien de Dimitri Pavlenko

Littérature : «Le sacré c'est ce besoin de se raccrocher à ce qui nous dépasse», confie Sonia Mabrouk

Habituellement de l'autre côté du bureau, Sonia Mabrouk, présentatrice sur Europe 1, se livre cette fois-ci ce vendredi matin en tant qu'écrivaine pour son nouvel ouvrage, "Reconquérir le sacré". Une notion difficile à appréhender selon Sonia Mabrouk, mais qui représente "un besoin irrépressible".

Qu'est-ce que le sacré ? C'est à cette question que Sonia Mabrouk, présentatrice sur Europe 1 mais aussi écrivaine, s'est intéressée dans son nouveau livre, Reconquérir le sacré. Invitée de Dimitri Pavlenko ce vendredi matin, elle s'est confiée sur son approche de cette notion complexe et pourtant imbriquée dans toutes les couches des différentes civilisations humaines. "Le sacré, c'est ce besoin de se raccrocher à ce qui nous dépasse, c'est d'un accès à plus grand que soi. Il est mystique mais pas forcément surnaturel. Ce n'est pas de l'idolâtrie ni une sorte de grand trou noir mais une part irréductible de l'homme.", explique-t-elle.

La possibilité d'un sacré athée ?

Pour l'écrivaine, les sociétés modernes, confondant le sacré à un "résidu du passé", ont complètement tourné le dos à cette forme de spiritualité. "Mais le sacré n'a jamais cessé d'exister", répond-elle. La confusion provient d'un rapprochement inexact entre le sacré au sens général et le sacré religieux, qui lui est exclusif.

Loin des conflits qui opposent les grandes religions monothéistes, Sonia Mabrouk prône un retour du "sacré civil", "et même, oserais-je dire, à un sacré férocement athée, un sacré républicain qui peut nous unir. Mais encore faut-il le considérer et y réfléchir", précise-t-elle.

"Aussi dangereux qu'une arme"

La notion de sacré doit cependant être maniée avec prudence selon l'autrice. "Le mot valeur est devenu un mot-valise qui ne contient plus rien, il est devenu mou. À l'inverse du sacré, qui est dur. Il a un côté charnel, physique voire effrayant. Il peut être source de violence", détaille-t-elle.

Ne pas réfléchir aujourd'hui au sacré est une erreur, conclut Sonia Mabrouk, alors que celui-ci se développe dans d'autres contrées. Là-bas, "on le considère, on l'emploie même, et c'est aussi dangereux qu'une arme".

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