22 octobre 2020

Podcast Europe 1 Studio
Olmèques : les “Gaulois du Mexique”

Du 9 octobre 2020 au 25 juillet 2021, le musée du quai Branly – Jacques Chirac, consacre une exposition aux Olmèques et aux cultures du Golfe du Mexique. Dans ce nouvel épisode du podcast Europe 1 Studio “Au cœur de l’Histoire”, Jean des Cars vous emmène à la découverte de cette civilisation mystérieuse. Véritables “Gaulois du Mexique”, ils sont à l’origine de codes sociaux et de canons esthétiques longtemps attribués, à tort, à d’autres sociétés plus connues de la région comme les Mayas, ou les terribles Aztèques… 

La première sculpture attribuée aux Olmèques a été mise au jour en 1858. Il faut cependant attendre près de cent ans pour que les archéologues commencent à réaliser l’étendue de leur influence sur les cultures du Golfe du Mexique. Dans ce nouvel épisode du podcast Europe 1 Studio “Au cœur de l’histoire”, Jean des Cars vous explique comment la découverte progressive de la civilisation olmèque a bouleversé tout ce qu’on pensait savoir des sociétés complexes mésoaméricaines. 

Une découverte capitale

Mexique, 1858. A Tres Zapotes, à 500 kilomètres au sud-est de Mexico, l’employé d’une ferme locale s’affaire. Son patron lui a ordonné de labourer le sol d’une clairière destinée à devenir un champ de maïs. Soudain, il bute sur quelque chose de dur. Il creuse. En quelques minutes, une forme grise arrondie affleure à la surface de la terre retournée. Le bombé lisse de l’objet ne laisse pas de place au doute : il a été façonné par la main de l’homme ! 

Le paysan court prévenir le propriétaire de la ferme, à 7 kilomètres de là. A bout de souffle, il lui explique avoir trouvé ce qu’il pense être un grand pot de fer retourné dans le champ où il travaillait. Le fermier constitue immédiatement un groupe d’hommes qu’il somme d’aller déterrer cette découverte énigmatique. Les archéologues amateurs ne ménagent pas leurs efforts, intrigués par ce qu’ils pourraient dénicher…  

Le sillon d’un casque, des sourcils froncés, un œil rond, puis deux, un léger strabisme, un nez épaté, une bouche charnue… Après plusieurs heures d’un dur labeur, ils dégagent finalement une tête colossale qui les toise avec un air patibulaire. Il ne le savent pas encore, mais ce visage de basalte de un mètre quarante sept de haut, et de près de huit tonnes, est la première sculpture olmèque mise au jour dans le monde.  

La découverte est conséquente. Pourtant, cette grosse tête exhumée d’un champ du Veracruz n’intéresse personne à l’époque. Il faut attendre 4 ans pour qu’un chercheur vienne analyser la statue. Il s’agit du mexicain José María Melgar y Serrano, qui en livrera la première description illustrée dans le “Bulletin de la Société mexicaine de géographie et de statistique”, en 1871 : 

“En 1862, je vivais à San Andrés Tuxtla, une ville de l’État de Veracruz, au Mexique. Au fil de mes excursions, j’ai appris qu’une tête colossale avait été mise au jour quelques années auparavant près d’une ferme de la région. Je me suis rendu dans l’exploitation et ai supplié son propriétaire de m’emmener la voir. Nous y sommes allés, et j’ai été stupéfait par l’œuvre d’art qui se trouvait devant moi. C’était, sans exagération, une sculpture magnifique. Mais ce qui m’a le plus impressionné, c’est le type éthiopien de la statue : je me suis dit qu’il y avait sans aucun doute des Noirs dans ce pays, et ce depuis ses origines. Cette tête était non seulement importante pour l’archéologie mexicaine, mais aussi pour le monde entier.”

Pour Serrano les caractéristiques “éthiopiennes” de la sculpture tendent à prouver la présence d’individus de type africain au sein du “Nouveau Monde” dès les temps précolombiens. Dans la suite de son article, il étaye cette hypothèse à l’aide d’archives et de références archéologiques nombreuses, telles que des représentations trouvées sur des médailles, ou un mur de Chichen Itza, au Yucatan, figurant un homme indien, un blanc et un noir dont les traits lui semblent correspondre à ceux de la tête géante de Tres Zapotes. 

Mais malgré ce premier coup de projecteur et ces conjectures fascinantes, la tête tombe… dans l’oubli. Elle n’est redécouverte que soixante dix ans plus tard, en 1906, par l’anthropologue allemand Eduard Seler qui trouve, avec sa femme, d’autres sculptures sur le site. A la fin des années 1920, Albert Weyerstall l’explore à son tour. Il en déterre de nouveaux artéfacts. 

C’est à cette époque que l’on commence à employer le terme “olmèque”. En 1929 précisément, lorsque l’archéologue américain Marshall H. Saville l’utilise dans deux rapports à propos de “haches rituelles” découvertes à Tres Zapotes. Ces figurines anthropomorphes taillées dans de la pierre colorée, dont la large tête expressive est posée sur un corps trapu qui s’affine, en sa base, pour prendre la forme effilée d’une lame, offrent toutes des caractéristiques esthétiques similaires… et singulières. Elles représentent des personnages hybrides, arborant des traits de félins ou de batraciens. 

Pour qualifier l’aspect si particulier de ces objets, Saville emprunte un mot aux Aztèques : “olmèque”. Dans leur langue, le nahuatl, il désignait les habitants de la zone, au moment où ils dominaient la région. Ces-derniers leur fournissant les balles en caoutchouc nécessaires à leurs jeux, ils les avaient prosaïquement baptisés “Olmèques”, ce qui signifie “peuple caoutchouc”. 

Le terme plaît à Saville qui y recourt, non pas pour définir une culture, mais un “simple” style artistique que l’on retrouve dans un secteur qu’il croit circonscrit au sud de la côte du Golfe du Mexique. Nul ne se doute alors que les Olmèques sont bien antérieurs aux Aztèques auxquels ils doivent leur nom a posteriori… Ni que ce “style artistique” n’est qu’une des nombreuses inventions initiées par leur société dont l’influence politique et culturelle s’étend, en fait, à l’ensemble de la Mésoamérique, et à ses civilisations les plus sophistiquées.  

Mais d’ailleurs, qu’est-ce que la “Mésoamérique”… et puis surtout : qui sont ces fameux Olmèques ?!

Les Olmèques, “culture mère” de la Mésoamérique 

La Mésoamérique est une aire culturelle préhispanique, c’est à dire un ensemble de zones géographiques regroupant des civilisations qui partageaient de nombreux traits culturels communs avant que les espagnols ne fassent irruption sur le continent américain, au début du XVIe siècle. Nous devons le terme à l’anthropologue allemand Paul Kirchhoff qui l’introduit en 1943 pour évoquer ces civilisations “cousines”. Concrètement, l’aire s’étend sur environ un million de kilomètres carrés et couvre toute la moitié sud du Mexique d’aujourd’hui ainsi que le bord ouest de l’Amérique centrale. Elle inclut la quasi-totalité du Guatemala, le Belize et une petite partie du nord du Honduras. 

En 1942, soit huit ans avant la première datation au carbone 14 qui vaudra le prix Nobel au physicien et chimiste américain Willard Frank Libby, Alfonso Caso, l’un des fondateurs de l’archéologie mexicaine, a une intuition. Alors que la plupart des grandes campagnes de fouilles qui mettront au jour l’étendue et l’influence de la culture Olmèque n’ont pas encore eu lieu, il déclare, lors d’un congrès de la Société mexicaine d’anthropologie : “Cette grande culture, que l’on trouve dans les niveaux anciens, est sans aucun doute la mère des autres culture.”

Le concept de “culture mère” appliqué aux Olmèques est né ! 

Contesté ensuite par d’autres spécialistes de la région, il est néanmoins corroboré par quatre-vingts ans de fouilles scientifiques. Elles ont prouvé, notamment grâce à la datation au radiocarbone dès la fin des années 50 et dans les années 90, que les Olmèques sont effectivement à l’origine de traditions artistiques et d’usages sociaux que les civilisations mésoaméricaines se sont appropriés et transmis durant des millénaires. 

Hiérarchies sociales, embryons d’institutions politiques, systèmes économiques débordant le cadre de l’autosuffisance, croyances et pratiques religieuses partagées donnant lieu à des représentations symboliques… Les Olmèques, dont le développement dans la plaine côtière du Golfe du Mexique remonte à 1700 av. J.-C., sont le type même des premières sociétés complexes qui voient le jour au cours du deuxième millénaire avant notre ère.  

C’est ainsi chez eux que l’on trouve les premiers dépôts rituels dédiés à un élément fondamental : l’eau. Recueillis près d’une source à El Manatí, et datant de 1600 av. J.-C. environ, ces dépôts étaient constitués en particulier de haches polies en pierre verte – les mêmes que les fameuses “haches rituelles” décrites par Saville ! On sait aujourd’hui que jusqu’à la fin des temps préhispaniques, les pierres vertes étaient considérées par toutes les populations mésoaméricaines comme des éléments particulièrement précieux en raison de leur charge symbolique, selon la chaîne qui relie la couleur verte à l’eau et à la vie. Une tradition directement héritée des Olmèques. Il y en a beaucoup d’autres…  

La sculpture, manifestation de pouvoir et programme narratif

Dans les années 30, l’archéologue américain Matthew Stirling découvre les rapports de Saville sur les haches en pierre polie de Tres Zapotes. Les rites auxquels elles sont associées suscitent chez lui le plus vif intérêt. En 1938, il se rend sur le site et photographie la tête décrite par Serrano en 1871. A ce moment là, c’est la seule tête colossale olmèque identifiée dans le monde, mais il pressent, à juste titre, que la zone n’a pas livré tous ses secrets…  

Photos à l’appui, il fait part de son intuition à la Smithsonian Institution et au National Geographic qui lui accordent leur soutien pour lancer une campagne de fouilles la même année. Huit ans plus tard, en 1946, il dirige la première fouille scientifique d’une tête colossale olmèque à San Lorenzo.

A ce jour, on en connaît dix-sept, toutes sculptées dans le basalte, toutes remarquables par leur taille (de un mètre quarante sept à trois mètres de haut) et leur masse (entre six et cinquante tonnes !) Des caractéristiques qui nous amènent, encore aujourd’hui, à nous interroger sur la façon dont leurs créateurs s’y sont pris pour acheminer les blocs de pierre géants nécessaires à leur confection. Il faut souligner que la zone tropicale humide dans laquelle ils s’étaient établis est totalement dépourvue de roche basaltique. 

Transporter ces blocs sur une centaine de kilomètres (de la source du basalte à leur lieu de vie), les tailler et les présenter constituait, en soi, une manifestation de pouvoir. 

En fait, les sculptures olmèques ont très souvent pour objectif d’asseoir les légitimités politiques, de les affirmer ou de les commémorer. 

Elles ont permis à ce peuple de traduire ses récits visuellement, en recourant à des tableaux sculpturaux formés de plusieurs statues. L’un d’entre eux, de taille imposante, a été découvert dans les années 90, lors de fouilles entreprises à El Azuzul, près de San Lorenzo. Cette composition à la fois magnifique et énigmatique met en scène deux jeunes hommes, probablement des jumeaux, assis sur leurs talons. Face à eux, deux jaguars, assis également, arborent une expression féroce. Leur disposition ne peut être qu’intentionnelle. Elle évoque vraisemblablement un affrontement, ce qui laisse à penser que la scène est la figuration d’un mythe…  

On en ignore la teneur, mais on peut décoder les symboles que le ou les artiste(s) ont introduit dans leurs sculptures et dans le positionnement de celles-ci. Tout d’abord, les deux personnages tiennent chacun un bâton cérémoniel, une main dessus et l’autre dessous, comme s’ils s’apprêtaient à le brandir. C’est un attribut de pouvoir qui indique qu’il s’agit d’individus de haut rang. Ensuite, la présence des jaguars n’est pas anodine. Ce félin est le prédateur le plus puissant du monde mésoaméricain. Le fait d’associer les jumeaux à cet animal impressionnant et fascinant est une marque de prestige. Introduite par les Olmèques, elle sera reprise par de nombreuses cultures durant tout le reste de la période préhispanique. 

Mais ce n’est pas tout ! Les deux hommes ont été découverts tournés vers l’est, ce qui peut être interprété comme une association entre autorité politique et soleil levant. Les archéologues pensent donc que ce sont de très lointains ancêtres des jumeaux mayas vainqueurs des puissances de l’inframonde, héros du Popol Vuh, un très célèbre récit maya recueilli à l’époque coloniale. De là à penser que le mythe statufié de El Azuzul a inspiré la légende maya, il n’y a qu’un pas…  

Il faut par ailleurs signaler que ce genre d’agencement ne se limitait pas à la sculpture monumentale. L’offrande 4 de La Venta, par exemple, est un autre tableau de personnages sculptés employé à des fins narratives. Mais cette fois, les figures représentées ne sont hautes que d’une vingtaine de centimètres ! Composée de seize individus et six haches façonnés dans différentes pierres fines, la scène paraît montrer un rassemblement de quinze personnes autour d’une autorité centrale debout devant plusieurs haches qui représentent probablement des stèles monumentales. Elle évoque les rassemblements cérémoniels qui avaient certainement lieu dans le secteur. 

Mais imposants ou minuscules, ces tableaux de sculptures ne sont pas le seul moyen employé par les Olmèques pour immortaliser leurs histoires… 

Les systèmes d’écriture olmèques 

Ils paraissent en effet avoir aussi esquissé, peut-être dès le début du dernier millénaire avant notre ère, une première forme d’écriture qui aurait transcrit leur langue. Il n’en subsiste malheureusement que très peu de traces identifiées, mais on suppose que l’une d’entre elles figure sur une stèle spectaculaire découverte à La Mojarra. Elle date du milieu du deuxième siècle après J.-C., et présente plus de six cents glyphes lisibles. C’est l’inscription la plus longue connue à ce jour sur la côte du Golfe. Mais en matière d’écriture, le plus beau vestige du génie olmèque provient peut-être encore de Tres Zapotes…    

C’est là que, grâce au soutien financier de la Smithsonian Institution et du National Geographic, Matthew Stirling et sa femme, Marion Illig, amorcent, en 1938, leur première campagne de fouille sur les traces des Olmèques. Un point de départ des plus logiques puisque, rappelons le, c’est sur ce site qu’avait été découverte la toute première statue attribuée, plus tard, à cette culture méconnue : la “tête colossale 1” ou “monument A”, dont je vous ai parlé au début de cet épisode. 

Après un an passé à excaver la zone, le couple Stirling met au jour un éclat de stèle. Ils la nettoient et identifient sur son revers une série de signes verticaux qui semblent familiers à Marion Illig. Ces points et ces barres horizontales lui rappellent les signes qu’utilisaient les Mayas pour noter les dates dans leur système de “Compte long”. Elle le sait, un point vaut un et une barre cinq. Cela lui permet de décrypter une série de chiffres : 16.6.16.18. Elle suppose qu’il s’agit d’une date mais celle-ci est incomplète. Il lui manque visiblement un fragment de la stèle… 

Ce n’est que trente ans plus tard, en 1969, qu’il sera retrouvé. En réalité, les époux Stirling avaient seulement découvert la partie inférieure de la stèle qui sera baptisée ensuite “Stèle C” de Tres Zapotes. La portion manquante permet de décoder, enfin, la date complète qui y est inscrite. Elle porte l’unité temporelle supérieure, ce que les Mayas appelaient le “baktun” : il s’agit d’un sept. Il fallait donc lire “7.16.6.16.18”, ce qui, dans notre calendrier, correspond à 3114 avant J.-C. 

C’est un constat relativement simple, mais qui remet en cause tout ce que l’on pensait alors savoir sur les origines du Compte long ! En effet, il fait, à l’époque, de la stèle de Tres Zapotes le monument fournissant la date la plus ancienne connue dans le système calendaire auquel elle renvoie. “Battu” depuis par la “stèle 2” de Chiapa de Corzo, qui, si on suppose que son baktun est également 7, indique 36 avant J.-C., il prouve néanmoins que le système du Compte long a été introduit par des populations descendant des Olmèques archéologiques. Un système que les Mayas s’approprieront et utiliseront dans toutes leurs chroniques royales pour enregistrer des faits historiques, raison pour laquelle nous l’avons découvert.  

En résumé, les Olmèques ont aussi inventé le Compte long qui, jusqu’à 1969, était unanimement attribué aux Mayas. 

On situe généralement la fin de la grande histoire olmèque, qui comporte encore beaucoup de zones d’ombre, autour de 400 av. J.-C. Elle s’est cependant probablement prolongée, de manière résiduelle, jusque vers 500 apr. J.-C. Des reliques de style olmèque ont d’ailleurs continué à être utilisées comme offrandes au cours des siècles qui ont suivi la disparition de cette civilisation, et ce jusqu’à l’arrivée des conquistadors espagnols en 1519. L’influence des Olmèques sur les cultures mésoaméricaines n’a donc pas simplement été fondatrice, elle a aussi été extrêmement durable. 

Le terme de “Gaulois du Mexique” peut prêter à sourire, mais il révèle surtout que les Olmèques, et les sociétés complexes mésoaméricaines qu’ils ont influencées, sont moins éloignés de nous que ce que l’on croit. En Europe, on les perçoit souvent comme des mythes dont on ne sait plus, à la longue, s’ils ont vraiment existé. Ce fut pourtant le cas, et ils s’apparentent bien à nos Gaulois : un peuple fondateur dont nous portons encore l’héritage culturel et symbolique aujourd’hui. Un héritage qui est d’ailleurs célébré jusque sur le drapeau national mexicain puisque son blason central, représentant un aigle sur un cactus qui dévore un serpent, évoque une légende Aztèque. Peut-être a-t-elle, elle aussi, été inspirée par les mystérieux Olmèques…     

“Les Olmèques et les cultures du Golfe du Mexique”, du 9 octobre 2020 au 25 juillet 2021, musée du quai Branly – Jacques Chirac. 

Références bibliographiques : 

Dominique Michelet, en collaboration avec Cora Falero Ruiz et Steve Bourget, Les Olmèques et les cultures du Golfe du Mexique (Skira, 2020)

José María Melgar y Serrano, Étude sur l’ancienneté et l’origine de la tête colossale de type éthiopien qui se trouve à Hueyapan dans le canton de Los Tuxtlas (Bulletin de la Société mexicaine de géographie et de statistique, 1871)

Michael D. Coe, Les Olmèques et leurs voisins : essais en mémoire de Matthew W. Stirling (Dumbarton Oaks, 1981) 

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