30 décembre 2020

9h-11h- Europe 1 Culture Médias - Pascale Clark
Samuel Etienne fait vivre la presse sur Twitch : “Je suis fasciné par cet univers”

Le journaliste de France Info et animateur de “Questions pour un champion” s’est lancé depuis une semaine sur la plateforme de streaming en direct Twitch, où il propose une revue de presse quotidienne. Invité de “Culture Médias” mercredi, Samuel Etienne explique à Pascale Clark pourquoi il s’est lancé dans cette initiative et le plaisir juvénile qu’il y prend.
INTERVIEW

Le “boomer” parle aux jeunes… et ça marche ! En une semaine à peine, le journaliste de France Info et animateur de Questions pour un champion Samuel Etienne a réussi à se créer une petite communauté de spectateurs sur la plateforme de streaming en direct Twitch. Le journaliste y présente chaque matin, à partir de 9h30, sa revue de presse à un public de 15-35 ans très réceptifs. Interviewé pendant son liveSamuel Etienne explique mercredi dans Culture Médias comment lui est venu l’idée d’utiliser cette plateforme plébiscitée par les jeunes. Et pourquoi l’expérience le satisfait.

Installé devant son ordinateur avec son micro-casque, Samuel Etienne réunit entre 7.000 et 8.000 personnes en moyenne par revue de presse. Le journaliste décrypte les grands titres et les infos du jour avec un ton proche de celui d’un ami. “Je donne le prix des journaux, j’incite les gens à acheter un journal de temps en temps et à ne pas lire toujours le même journal”, explique-t-il. “Et je suis assez étonné de la réceptivité des ‘viewers’, puisque c’est le terme consacré.”

Une “mission presse” qui semble fonctionner

Le journaliste explique ainsi recevoir des messages de ses spectateurs qui ont suivi ses conseils et acheté des journaux, parfois pour la première fois de leur vie. “Manifestement, j’ai commencé à convaincre un petit peu en expliquant que si vous voulez comprendre vraiment le monde dans lequel on vit, si vous cherchez une information de qualité, allez voir cette presse papier, ne vous contentez pas des infos que vous allez pouvoir glaner sur les réseaux sociaux”, se réjouit-il.

Samuel Etienne rappelle que la presse papier est la garantie d’un article “qui a été construit et vérifié par des collègues”. “C’est signé en bas, donc s’il y a des erreurs vous pouvez vous adresser aux journalistes. Il y a même un droit de réponse dans les journaux”, rappelle-t-il. “C’est une source d’information fiable qui est à votre disposition.”

Une discussion entre “boomer” et jeunes adultes

Si Samuel Etienne arrive à rassembler et à convaincre, c’est sûrement grâce au ton naturel qu’il utilise sur Twitch. Son public, qui a entre 15 et 35 ans, s’amuse ainsi avec lui de son humour parfois “à l’ancienne”. “Cette communauté est effectivement plus jeune que moi”, observe le journaliste qui approche des 50 ans. “Et mon humour pas très élaboré, un peu ‘à 20 centimes d’euro’, ça les fait rire. Ils l’appellent ‘l’humour de daron’, ‘l’humour de boomer'”, rigole-t-il.

Contrairement à la télévision, Twitch permet en effet une interactivité entre l’animateur et ses spectateurs, notamment grâce aux commentaires en direct. “Je viens avec mon histoire et ma curiosité. J’ai plein de questions”, souligne le journaliste, qui a ainsi découvert récemment le monde des dessins animés japonais, très prisés de ses spectateurs. Sa revue de presse tient donc davantage de l’échange que du cours magistral.

Un “espace de liberté” découvert pas hasard

Samuel Etienne ne correspond pas exactement au public-cible de la plateforme Twitch. Il l’a découverte il y a neuf mois, au hasard d’une question adressée sur Twitter par “Etoile”, un utilisateur de Twitch qui va devenir le guide de ses premiers pas. “Ça a été le début d’une découverte, et je suis encore aujourd’hui fasciné par cet univers”, se réjouit Samuel Etienne.
 

Ce qui plaît au journaliste, c’est aussi le côté imprévisible de la plateforme. “Quand je prends l’antenne à 9h30, j’ai une idée de ce qui va se passer, mais ce n’est pas très, très cadré”, explique-t-il. ‘C’est un grand espace de liberté, c’est un peu artisanal. Je ne suis pas dans le cadre très formel d’une rédaction.”

Le désormais nouveau “streamer” de Twitch veut continuer à utiliser la plateforme pour partager ses passions, et surtout celle de la presse écrite. En essayant de ne pas faire trop attention aux audiences. “Si on commence à construire une séquence d’information ou une émission uniquement pour l’audience, on ne va pas vers de belles choses”, estime-t-il, en référence peut-être à certains de ses collègues de la télévision.