Ségur de la santé : “Le secteur privé doit aussi être considéré”

Le président de la Fédération de l’Hospitalisation privée, Lamine Gharbi, appelle au micro d’Europe 1 ce lundi à ce que les cliniques privées bénéficient des mêmes réformes que l’hôpital public dans le cadre du Ségur de la Santé.
INTERVIEW

Il ne veut pas que le secteur privé soit le grand oublié du Ségur de la Santé. Invité du “Grand journal du soir” ce lundi, quelques heures après le lancement de ce nouveau plan qui doit remettre l’hôpital public sur pied, le président de la Fédération de l’Hospitalisation privée, Lamine Gharbi, “demande les mêmes droits, devoirs et contraintes que le public, en échange de l’équité” des mesures. “Tout ce qui va être attribué au public en terme de salaires, investissements, agilité de fonctionnement, organisation territoriale et modernisation, doit nous être octroyés également” insiste-t-il. 

La “mission de service public” du secteur privé

Rappelant l’importance du secteur privé dans la lutte contre l’épidémie de coronavirus, Lamine Gharbi met en avant la “mission de service public” des “122 services d’urgences” de son secteur et affirme qu’il a pris en charge “26% des réanimations de toute l’Île-de-France”. Un rôle qui va bien au-delà “de la force d’appoint” aux hôpitaux publics, martèle-t-il. Pour appuyer son argument du deux poids de mesures pratiqué par le gouvernement, il explique que les salariés du privé “attendent depuis plus d’un mois et demi” la prime exceptionnelle versée à l’ensemble des soignants pour leur mobilisation pendant le Covid-19. 

Des salaires inférieurs dans le privé

Une situation d’autant plus anormale aux yeux du président de la Fédération de l’Hospitalisation privée que “les infirmières sont moins payées dans le privée que dans le public”. “Peu de gens le savent, mais un soignant gagne 100-150 euros de moins à chaque échelon dans le privée par rapport au public.” Une affirmation étonnante puisque beaucoup de soignants qui exercent à l’hôpital partent pour le privé. “Ce n’est pas une question de salaire, mais d’organisation”, rétorque-t-il au micro d’Europe 1. “Notre organisation est différente et nos établissements plus petits, nous avons donc une organisation plus souple. Sans oublier que nous sommes soumis au code du Travail, et non au code de la Fonction publique.”

D’une manière plus générale, s’il indique “reconnaître la souffrance du public” Lamine Gharbi estime que la situation s’est améliorée “depuis trois ans”. Ainsi, au contraire de ses confrères fonctionnaires qui veulent une remise à plat du système, il avance “qu’on ne peut pas tout bouleverser, tout jeter d’ici juillet” [le mois des annonces finales du Ségur, ndlr]. “Il faut s’appuyer sur Ma Santé 2022 et sur le plan hôpital du mois de novembre. On ne va pas refaire le monde de la santé, surtout qu’on sort tous éreintés de ces deux derniers mois.”