SONDAGE EXCLUSIF – À Marseille, un second tour des municipales très incertain

La candidate de gauche Michèle Rubirola apparaît en tête des intentions de vote pour le second tour des municipales, mais le scrutin s’annonce très serré, marqué notamment par la crise sanitaire liée au Covid -19 et ses conséquences. 

Qui succédera à Jean-Claude Gaudin le 28 juin prochain, à l’issue du second tour des municipales à Marseille ? Dans un scrutin qui s’annonce notamment marqué par la crise sanitaire liée au coronavirus, le match risque d’être serré, à en croire un sondage BVA réalisé pour Europe 1 et La Tribune. “L’état actuel du rapport de forces global fait état d’un avantage aux listes d’union de la gauche”, indique l’institut de sondage.

Un scénario rendu (encore plus) complexe par la crise du coronavirus

Dans le détail, les listes du Printemps marseillais, du Parti socialiste, du Parti communiste, de la France Insoumise et d’Europe Ecologie-Les Verts, soutenues par Michèle Rubirola, sont créditées de 35% des intentions de vote, contre 30% pour les listes Les Républicains et Martine Vassal, et 20% pour le RN et Stéphane Ravier.
 

Mais l’institut s’empresse d’apporter de la nuance. “La crise du Covid-19 va s’inviter dans le scrutin du 28 juin, comme elle s’est invitée dans celui du 15 mars. D’abord en impactant les vies des électeurs et par conséquent leurs préoccupations. D’autre part, en ayant des conséquences directes (peur d’aller voter) ou indirectes (désintérêt pour les élections municipales) sur le niveau de mobilisation”, écrit BVA dans son étude. Avant de poursuivre : “Cette situation ajoute de la complexité à une élection locale déjà particulièrement complexe, en raison du jeu d’alliances et de dissidences secteur par secteur. Dans ce contexte, une seule certitude : la dauphine de Jean-Claude Gaudin (Martine Vassal) n’est pas certaine de réussir à conserver la ville”.

Marseille capture 1

L’institut prévoit une participation autour de 45%, bien supérieure aux 33% du premier tour mais largement en dessous du second tour de 2014 (57%). Mais il insiste : la donne pourrait largement évoluer d’ici au 28 juin. “La crainte, encore présente chez certains électeurs, du virus” couplée à “une démobilisation liée à un désintérêt pour le scrutin municipal après 8 semaines de confinement et la gestion des problématiques liées au déconfinement (enjeux économiques, retour à l’école, au travail, etc)” risque en effet de faire bouger les lignes.

Quel maire pour protéger la ville face au coronavirus ? 

Un peu plus d’un Marseillais sur deux (55%) estime que le nouveau coronavirus aura des conséquences qui vont bouleverser durablement leur quotidien, dont 23% “certainement” (12 points de moins qu’à Toulouse). De quoi influencer le scrutin ?

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“Sur les principaux sujets de préoccupation liés à la crise, c’est Martine Vassal qui semble la plus légitime aux yeux des électeurs”, répond BVA. “Elle apparaît ainsi comme la candidate la plus en mesure de protéger la ville face à la crise économique et au chômage (37% contre 23% pour Michèle Rubirola) ou face à la crise sanitaire (33% contre 25%). La candidate de la gauche apparaît pour sa part comme la plus en mesure de protéger la ville face à la crise écologique et au risque climatique (31% contre 29% pour Martine Vassal)”, poursuivent les sondeurs. Près de 40% des personnes ne voient toutefois aucun candidat à même de mieux gérer la crise.

 

Méthodologie

Étude réalisée par l’Institut BVA auprès d’un échantillon interrogé par téléphone entre le 9 et le 15 juin 2020.

Échantillon de 1009 personnes inscrites sur les listes électorales, issues d’un échantillon représentatif de 1400 habitants de Marseille âgés de 18 ans et plus. La représentativité de l’échantillon a été assurée par la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes : sexe, âge et profession de l’interviewé, après stratification par arrondissement.

Les intentions de vote qui figurent dans ce rapport reposent sur la base des personnes inscrites sur les listes électorales à Marseille, certaines d’aller voter et ayant exprimé une intention de vote, soit 330 individus. Pour cet effectif, pour un pourcentage obtenu par enquête de 20%, la marge d’erreur est égale à 4,6. Le pourcentage a donc 95% de chance d’être compris entre 15,4% et 24,6%. Les résultats d’intentions de vote ne constituent pas un élément de prévision du résultat électoral. Ils donnent une indication significative de l’état du rapport de forces à un peu plus d’une semaine du 2nd tour du scrutin.

Chaque répondant a été interrogé sur l’offre réelle des listes déposées en préfecture pour son arrondissement. Les résultats ont ensuite été regroupés pour donner des scores au global (sur l’ensemble de la ville de Marseille)

Ces intentions de vote ont été réalisées au global sur la ville de Marseille alors qu’il s’agit d’un scrutin par secteur. Il s’agit donc ici de mesurer des tendances générales et non de réaliser des projections précises pour chaque secteur.